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Tom Ford : l’offensive pop en 5 actes

Tom Ford : l’offensive pop en 5 actes
Rédacteur Invité

Tom Ford. Le créateur texan de 52 ans n’en finit pas de nous surprendre et on le soupçonne de prendre une tournure pop depuis quelques années. 5 indices nous font penser qu’il a décidé de s’orienter vers un luxe pour tous…


Si pour les modeux des années 90 il était synonyme de porno chic, de réussite absolue grâce à son redressement de la maison Gucci, son passage au prêt-à-porter chez Saint Laurent a laissé moins de traces durables.
Désormais à la tête de son propre empire TF, le « styliste » propose vêtements, lunettes de soleil et parfums. Des produits toujours plus accessibles, pour le plus grand bonheur de tous ?

Offensive 1 : A single man (2009)

Un homme séduisant, ce Colin Firth. Tom Ford l’aurait choisi personnellement pour incarner le héros de l’adaptation du roman de Christopher Isherwood. Grand bien lui en prend, Colin Firth recevant le prix d’interprétation masculine à la Mostra de Venise.

Des couleurs sublimes, tout en jaune et marron, en 2009 A single man annonce la déferlante Instagram… Au casting du film on retrouve le mannequin Jon Kortajarena, l’acteur anglais Nicholas Hoult (star de Skins) et la muse Julianne Moore.

Tom Ford sort de l’univers très privé des créateurs de mode pour devenir réalisateur et s’exposer au grand public. Un film lent et puissant, une longue publicité pour l’art de vivre Tom Ford.

NDLR : sur le sujet, voir aussi notre article Once upon a style : A Single Man

Offensive 2 : James Bond (2008-2012)

Quantum of Solace

Quantum of Solace

Skyfall

Skyfall

Et jusqu'aux cravates ! (via Thesuiteofjamesbond)

Et jusqu’aux cravates ! (via Thesuitsofjamesbond)

Habiller le Commandeur Bond, le rêve de tout créateur. Qui incarne mieux l’idéal masculin que 007 depuis les années 60 ? Personne. Il reflète l’évolution de la société, la preuve en est les récentes fêlures, les doutes, les blessures que lui infligent les scénaristes.

James Bond, c’est l’homme. Et l’agent au service secret de sa majesté s’habille depuis Quantum of Solace puis Skyfall chez Tom Ford. Lunettes de soleil Aviator, chemises, pantalons, costumes complets : l’élégance est toujours au rendez-vous.

Offensive 3 : Justin Timberlake (février 2013)

justin-timberlake-et-son-smoking-tom-ford

« I’ll be on my suit and tie… » Et qui fournit le costard et la cravate ? Tom Ford évidemment. Le retour de Justin Timberlake sur le devant de la scène avec son nouvel album 20/20 experience, album en deux parties, ne pouvait passer inaperçu après 7 ans de silence musical.

Un album sorti en grande pompe, une tournée qui passera par le Stade de France, des apparitions télé remarquables : JT est le chantre du cool blanc. Quoi de plus normal que d’être habillé par le prince de la classe ?

Avec ou sans nœud pap’, David Fincher à la réalisation, Suit and Tie signait aussi la transformation visuelle de Justin Timberlake, moins hip-hop mais plus classe.

justin timberlake tom ford cravate

Offensive 4 : Jay Z (juillet 2013)

pop molly tom ford

« I don’t pop molly, I rock Tom Ford » Un refrain qui ne fait que marteler le nom du styliste… Si jusqu’alors on pouvait penser que la stratégie était bien vue, presque subtile, cette étape vers la mainstreamisation du texan est trop tape-à-l’œil.

Alors que son pote Kanye West parle en permanence de Louis Vuitton, Gucci, Dior, la troisième chanson de l’album Magna Carta Holy Grail de Jay Z est une déclaration d’allégeance à Tom Ford. Promouvoir le luxe d’une marque hors de prix, oui, mais à quel prix pour l’image de la marque ?

Fun fact : un autre passage prête à sourire dans la chanson Tom Ford. « Fuck hashtags and retweets » : Jay-Z et Tom Ford ont un point commun, ils contrôlent l’information et savent se faire rare. Choisissent les professionnels avec qui ils travaillent, ce qui a le don d’agacer la presse, souvent triée sur le volet par TF.

Offensive 5 : Drake (septembre 2013)

Et c’est là que le doute n’est plus permis. On n’est plus dans l’admiration mutuelle d’artistes, dans la reconnaissance du génie des uns et des autres, on sait qu’on est dans le business.

Tom Ford collabore avec les plus grands vendeurs de disques de son époque pour écouler des costumes et du parfum. Dans NWTS de Drake, à défaut de pouvoir chanter les louanges de Tom Ford, Drizzy ouvre l’album sur Tuscan Leather, parfum emblématique de la marque.

Emblématique pourquoi ? Circule sur Tuscan Leather une sorte de légende urbaine : le parfum sentirait la cocaïne…

« Yeah, Tom Ford Tuscan Leather smelling like a brick » ( Une « brick » étant un paquet de coke)

Après avoir décidé de vendre ses parfums chez Séphora au risque de brader son image par une stratégie de vente moins élitiste, on peut donc s’attendre à de nouveaux coups d’éclat de la part de Tom Ford.

Où apparaîtra-t-il en décembre ? Avec quel génie du cool ? La marque ne prend-elle pas le risque de tomber dans le mainstream, d’être récupérée par le hip-hop et de vivre le calvaire qu’ont pu connaître Lacoste ou Courvoisier, marques prisées des rappeurs ?

Un homme singulier, ce monsieur Ford…

Sélim Niederhoffer

Commentaires

  1. Ouaou, c’est magnifique, moi aussi j’aime bien Tom Ford.

  2. Ce Sélim est partout ;)
    bon article !

    • Remets-toi vite qu’on puisse aller boxer en Adidas…
      Vivement des gants de boxe Tom Ford, tiens !

  3. J’adore Tom Ford et ce qu’il fait est plutôt exceptionnel, tout comme son parcours est intéressant.
    Aujourd’hui dans le luxe, les « géants » doivent faire des choix : Opter pour une stratégie ultra élitiste pour surfer au dessus de la masse, quit à perdre des clients en raison de « la crise » ou bien s’adapter peu à peu au grand public au risque de détruire son image…

    Je ne sais pas trop quelle solution est la bonne mais je pense que nous le saurons bien assez tôt…

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