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Monthly Digest – L’actualité du luxe en Octobre 2014

Monthly Digest – L’actualité du luxe en Octobre 2014
Romain Rousseau

L’actualité du mois d’octobre a été très riche, et marquée par le décès de l’illustre Oscar De la Renta. Mais John Galliano, Guillaume Henry et Citroën nous réservent quelques infos croustillantes !

La planète Luxe est endeuillée et pleure la perte de l’un de ses plus grands noms. Mais elle ne s’arrête pas de tourner pour autant, le mercato des designers allant bon train entre l’envol de Guillaume Henry et l’atterrissage de Galliano chez Margiela. Des choix surprenants, rappelant à ceux qui pourraient l’oublier que dans le milieu de la mode, il ne faut jamais dire « jamais » ! Et ce n’est pas Citroën qui dira le contraire, entrainée elle-aussi dans une collaboration avec plusieurs maisons de Luxe : le secteur de l’automobile et celui de la mode n’en finissent plus de resserrer leurs liens, avec à la clé des collaborations souvent intéressantes ! 

Gentlemen, l’actualité du Luxe du mois d’Octobre 2014. 

 

 Oscar de la Renta est mort

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Le célèbre couturier américain Oscar de la Renta est mort Lundi 20 Octobre des suites d’un cancer, à l’âge de 82 ans. Né en République Dominicaine, il a aussi vécu en Europe avant de débarquer aux Etats Unis en 1963. C’est là bas que son succès a été fulgurant, devenu une véritable icône de la mode américaine, bien que sa vision du Luxe demeure très européenne et à l’opposé des vêtements cheaps de nombreuses autres pointures de la mode made in USA.

L'homme évolue dans un style dandy/preppy à la Ralph Lauren, la femme est souvent enveloppée dans des matières vaporeuses brodées

L’homme évolue dans un style dandy/preppy à la Ralph Lauren, la femme est souvent enveloppée dans des matières vaporeuses brodées

Le style De la Renta est éminemment élégant, oscillant entre les lignes très féminines de Christian Dior -pas étonnant que Galliano ait travaillé pour lui récemment – et la maitrise parfaite des matières que l’on retrouve chez Chanel. Il a fait ses armes auprès de Cristobal Balenciaga en Espagne, auprès duquel il a appris énormément durant son apprentissage, et est passé chez Lanvin par la suite.
L’homme au teint halé s’est toujours distingué par ses robes très raffinées, parfois très « princesses », et excelle dans l’art des tenues de cocktails. La quasi intégralité de ses créations sont fabriquées en Italie, car la complexité des matières et des coupes nécessitent un savoir-faire tout particulier. Lui-même était toujours absolument impeccable, un brin vieux jeu, limite ringard dans sa vision de l’élégance. Ses lignes hommes ont connu un succès beaucoup plus mesuré, leur diffusion étant également très limitée.

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De la Renta a su conquérir le coeur des stars d’Hollywood et des premières dames. Ce fût sur ses conseils qu’Anna Wintour – dont il a toujours été très proche – a décidé de consacrer une couverture de Vogue à Hillary Clinton, bien entendu habillée par ODLR. Mais pour des raisons que l’on imagine aisément commerciales, le créateur s’est toujours fermement défendu de prendre parti, louant tant Laura Bush qu’Hillary Clinton, et affirmant que « la mode n’est pas une affaire de politique, elle n’est pas partisane ».

Nombreux sont celles et ceux qui regretteront Oscar De la Renta, et on ne peut retirer à ce designer un talent forgé auprès des plus grands et que peu peuvent aujourd’hui revendiquer !

Guillaume Henry quitte Carven pour rejoindre Nina Ricci

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Son style sage, ses couleurs tranchées et ses inspirations rétros font de Carven une marque très en vogue aujourd’hui. Guillaume Henry a intégré cette vieille maison alors devenue totalement ringarde et oubliée en 2009. Radical dès le début, il souhaite faire oublier l’activité Haute Couture de la Maison pour l’amener vers un prêt à porter loin du Luxe, misant plus sur une esthétique et un univers que sur la qualité intrinsèque du produit. Immédiatement, la presse est séduite par son attitude de premier de classe, bien retranscrite dans ses collections. Ce n’est qu’après avoir fait ses preuves aux commandes d’un prêt à porter féminin se vendant très bien que Henry peut s’occuper des lignes masculines. La charmante Reine Mère Wintour l’installera même parmi les personnalités les plus influentes du monde de la Mode dans la September Issue de 2012… Signe d’une réussite bien plus commerciale qu’artistique.

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L’homme Carven surfe sur la vague amorcée par Kenzo d’un vestiaire accessible en terme de prix et de style, mais reconnaissable malgré tout, quitte à afficher du logo. La cible, en conséquence, est jeune, comme le designer ! Malgré le succès de Carven, Guillaume Henry a annoncé prendre les rênes de la Maison Nina Ricci, à la peine depuis le départ d’Olivier Theyskens en 2009… sauf lorsqu’il s’agit de vendre des parfums cheaps ! Cela suppose pour lui l’arrêt de la mode masculine, mais une montée en gamme à laquelle il va devoir s’adapter après plusieurs années à travailler des pièces au montage simple. « chiche » ?

John Galliano arrive chez… Maison Martin Margiela !

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Avant, un type vraiment humble. Après, des choix capillaires plus sobres mais toujours douteux.

Le coup de tonnerre de cette fin d’année 2014 est signé John Galliano… Quoiqu’après son numéro de vieil aviné hitlérien, la notion de coup de tonnerre soit bien relative !  Mais tout de même, on ne s’attendait certainement pas à voir celui qui a transformé la Maison raffinée de Christian Dior en habilleur officiel de jeunes pétasses russes ou vieilles aguicheuses sur le déclin débarquer au sein d’une légende du minimalisme !

Le style originel de Dior revu par Galliano, avec grande classe !

Le style originel de Dior revu par Galliano, avec grande classe !

Après son dérapage, Galliano a été immédiatement viré de chez Dior, a perdu sa distinction de Chevalier de la Légion d’Honneur, et a connu une « traversée du désert », terme désignant parfois la cure de désintoxication, comme ici. Le designer britannique s’est retiré dans un village paumé du sud de la France, et y a ré-appris le sens de la vie bla bla bla. On l’a ensuite vu nommé à la direction « artistique » d’une marque de cosmétiques grand public russe – la véritable déchéance ? – puis, dans un quasi secret, chez Oscar de la Renta, Maison plus cohérente avec ses inspirations. Galliano a néanmoins été trop exigeant sur la composition de son atelier, ce qui a marqué la fin des négociations pour son intégration définitive chez feu De La Renta. Et maintenant, le voilà nommé directeur artistique chez Margiela, ce qui est une révolution à plusieurs étages. D’abord, on l’a dit, en terme de style : Margiela est l’un des pères du minimalisme alors que Galliano est baroque bling et provocateur à souhait. Sa nomination tranche aussi avec la stratégie de communication habituelle de Margiela : la Maison a toujours tenté de garder le secret total autour de ses équipes de créations… même si la « bourde » de Suzy Menkes avait révélé un secret de polichinelle quant au rôle de Matthieu Blazy chez MMM.

Margiela a toujours affirmé un style minimaliste et cérébral.

Margiela a toujours affirmé un style minimaliste et cérébral.

Blazy s’est-il fait virer suite à cela ? Sera-t-il un collaborateur de Galliano ? Ce dernier a-t-il reçu pour mission de « fitter » le style Margiela, ou bien, comme chez Dior, de le démolir pour en imposer un autre ? Son retour ne passe pas inaperçu, et beaucoup attendent avec impatience de voir ce que cette collaboration abracadabrantesque donnera !

Armani rhabille le Bayern Munich

Dolce & Gabbana love football.

Dolce & Gabbana loves football

Dolce & Gabbana ont marqué les esprits en annonçant il y a quelques années leur collaboration avec l’AC Milan, suite logique de leur proximité en terme de style avec le milieu du football, dès les années 2000. L’idée était très simple : devenir le « tailleur » officiel de l’équipe italienne de façon à asseoir une notoriété alors grandissante, et aussi gagner en crédibilité auprès d’un public plus large. Le principe sera repris par de très nombreuses marques, certaines se voyant dans l’obligation de franchir leurs forntières pour trouver un partenaire, comme Versace avec le Real Madrid ou Lanvin avec Arsenal.

La précision des coupes Armani...

La précision des coupes Armani…

Cette fois-ci, c’est Giorgio Armani qui habillera le Bayern après une première collaboration avec Chelsea. Il détrône ainsi l’horrible marque Hugo Boss (aujourd’hui habilleur officiel du PSG) avec ses costumes aux coupes ancestrales : rien que pour cela, le club avait tout à y gagner. La sobriété de l’illustre couturier italien est cohérente avec l’habituelle discrétion vestimentaire des allemands… bien que l’on parle de joueurs de foot venus de tout le globe. Armani a imaginé un ensemble tailleur réalisé sur mesure pour chaque joueur, dans des ton anthracites servi par la luminosité d’une toile laine et cachemire. Veste à 2 boutons, veston, pantalon sans pinces : une tenue élégante et efficace, rehaussée des tons rouges du club repris sur la cravate. Le seul fait de voir des footballeurs abandonner leurs jeans délavés et cuirs façon plastique mérite d’être salué !

Mondial de l’Auto : Citroën dévoile la DS Divine, version Luxe à la française

Le Mondial de l’Auto vient de s’achever, et comme chaque année, il a fait rêver des centaines de milliers d’amateurs de supercars. A côté de la Lamborghini Asterion ou de la Renault RS01, Citroën a fait sensation en présentant une version superluxe de la DS, la Divine. Affolant la presse présente, elle n’a pu être approchée que par les « grands » médias… Luxe oblige !

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L’esprit ultra design du concept car est marqué par des lignes tendues à l’avant, et par des formes géométriques imbriquées à la façon d’une trame à l’arrière. Une audace inédite aujourd’hui, encore plus poussée à l’intérieur où la console passager et le panneau de bord ne font qu’un, dans un mouvement complètement délirant. Le seul bémol, c’est peut-être, justement, un déséquilibre entre l’audace de l’intérieur et de l’arrière et un avant certes élégant, mais moins racé !

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Au delà de lignes absolument révolutionnaires, l’auto a été conçue pour être une VRP du Luxe à la française. Plusieurs créateurs ont donc été mis à contribution pour dessiner les lignes tendues de ce modèle unique, afin de créer 3 « dress code » pour l’intérieur de cet écrin : une ambiance « mâle », une autre « fatale punk » et une « parisienne chic », de façon à n’exclure personne – sauf les pauvres. La Maison Swarowski a fourni les cristaux intégrés à des cuirs pleine fleur et utilisés pour sertir la calandre. Mais le plus représentatif de ces savoirs faire couture est celui des broderies de la Maison Lesage, magnifiant portières et tableau de bord. Inutile de mentionner le volant rectangulaire, particulièrement sculptural.

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Une belle proposition que Citroën fait là, pour servir l’image haut de gamme de la ligne DS à travers le monde, et de l’ADN français de la marque. La référence à l’Hexagone demeure un argument marketing à travers le monde !

Green Actu : la légende Harley passe, elle aussi, à l’électrique.

Le moteur électrique.

Le moteur électrique.

Harley Davidson n’a plus besoin d’être présentée, après 111 années d’existence à faire partie des meilleurs constructeurs de moto au monde. Le bruit légendaire de ses moteurs, les lignes mythiques de ses motos et la référence immuable aux baroudeurs de la route 66 donnent toute sa dimension à un des plus grands noms du secteur… ce qui n’est pas un gage de qualité. Mais qu’on ne s’y trompe pas, mythique ne rime pas toujours avec conservatisme : Harley Davidson teste actuellement un modèle 100% électrique, annoncé sur le marché européen en 2015. D’un point de vue stratégique, il est en effet important pour la marque de ne pas basculer du côté des antiquités et de rester en cohérence avec les attentes actuelles du marché. Les baby-boomers vieillissants constituant l’essentiel de sa clientèle, il est important pour sa pérennité de montrer à une cible plus jeune qu’elle peut aussi innover !

Un design plus jeune et plus innovant que d'habitude.

Un design plus jeune et plus innovant que d’habitude.

Au delà de l’absence d’émissions de Co2 en conduite, la première née d’une nouvelle génération de Harley va bénéficier des performances exceptionnelles permises par l’électrique, semblables à celles de la plus sportive proposées par la marque aujourd’hui : 115 ch à 9 000 tr/min, pointes à 225km/h… Et bien entendu, la question qui se pose est celle du bruit : peut-on imaginer un bolide Made in Milwaukee sans son incommensurable vrombissement ? Mark-Hans Richer, directeur du marketing, a bien entendu pensé à cette question et se veut rassurant :  » Quand on est sur la moto, le bruit ressemble à celui d’une turbine. Et pour ceux qui l’entendent passer, on dirait un avion de chasse ». Une promesse ambitieuse, qui pourrait bien casser l’image, malgré tout, très beauf de la marque !

 

 

 

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