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Les 4 tendances des campagnes homme de cet hiver

Les 4 tendances des campagnes homme de cet hiver
Romain Rousseau

Les campagnes d’hiver s’installent et vont bientôt nous devenir familières. Si l’objectif commercial motive les investissements massifs des grandes maisons dans ce qui reste une « pub », on peut en revanche reconnaître que la sophistication et le volet artistique de la chose sont souvent très intéressants.
Plusieurs tendances se dégagent, que nous allons tenter de décrypter (sans prétendre être exhaustif bien sûr…)

1 – En Noir et Blanc

On en voit à chaque saison depuis plusieurs années et le N&B peut être lassant a priori. A priori ! Car en réalité c’est un exercice périlleux que 2 italiens ont parfaitement maitrisé. Pas de couleurs, seulement la lumière et le jeu du mannequin pour faire la différence et attirer le regard. Glaciale, dure, figée mais texturée : c’est un choix artistique !

Giorgio Armani

Chez Giorgio Armani, le noir et blanc est très clair et met la lumière à l’honneur. Simon Nessman se tient oblique, le regard fixe, avec une allure très forte, très imposante. Costumes cravates, dont un est composé d’un pantalon à plis au niveau de la taille, lui donnant un effet ample dans l’esprit d’un sarouel. Lainages et feutres, carreaux et points façon « piqué » : l’accentuation des hautes lumières et donc du blanc permet de jouer sur les textures. C’est un procédé très intéressant et sans aller jusqu’à dire que l’on est face à de la 3D, cet ensemble offre à la vue un relief appréciable, qui transmet bien l’esprit luxueux des collections de ce bon vieux Giorgio. Et pour confirmer tout cela, les accessoires en alligator parlent d’eux-mêmes : les reflets différents d’une écaille à l’autre de cette matière très noble achèvent d’offrir un subtil mélange de sobriété, de raffinement et d’originalité.

Versace

Mais à l’inverse, une consœur italienne de la marque a choisi le coté obscur du noir et blanc ! Versace propose en effet une série de clichés assez sombres, en totale contradiction avec l’explosion de couleur de la collection présentée. Les noirs sont très profonds et transposent une ambiance grave et mystérieuse. Un jeu de lumière permet de projeter en arrière plan deux ombres symétriquement opposées pour chaque silhouette, qui rajoutent de la profondeur et accentuent le mystère. Le contraste se fait sur quelques détails d’un manteau long de style militaire et d’un pantalon aux imprimés fleuris. Les boutons du manteau, en réalité dorés, ressortent par le brillant de la lumière sur une pièce de métal. Le pantalon, quadrillé de clous, reprend ce procédé mais si les clous sont plus nombreux, leur petite taille fait que cette brillance aurait presque l’allure d’un imprimé. Ce résultat se retrouve sur le second cliché : seuls la mèche plaquée de brillantine et le blanc des imprimés reflètent la lumière. La pose accroupie de Dmitriy Tanner, son front plissé et son regard sont intéressants et désacralisent un peu l’austérité lumineuse de cette campagne.

2 – Richesse exubérante

Tom Ford et Gucci qui s’y collent (tiens tiens…), sont ici accompagnés de Prada que l’on a déjà pu évoquer plus tôt dans l’année. La richesse qui se voit, qui se ressent, la richesse qui fait office de chaine à laquelle on accroche un pendentif de vanité.

Tom Ford

Tom Ford

Chez Tom Ford c’est un classique : fourrure (perso je vote contre), smoking satiné ou costume 3 pièces, foulard de soie noué et lunettes imposantes. Le tout sur un fond chocolat dont la lumière vient auréoler le visage – et la crinière qui va avec – de Jonas Kesseler. Un richissime businessman sûr de lui, pour qui le style n’a pas de secret : sa personnalité s’affirme en un regard fixe au travers de lunettes de vue rondes, ou bien est entretenue dans le mystère d’une carrure si imposante se cachant derrière des solaires typiquement Ford. Le tout sur un ton toujours un peu décalé, dont l’identité s’impose dès le premier coup d’œil : c’est tout l’art de Mr Ford ! Ce fut la clé de son succès à la direction artistique de Gucci, qui reprend pour l’hiver cet esprit de richesse impertinente.

Gucci

Gucci

Un lieu empreint d’exubérance avec un mobilier en bois précieux et des murs pourpres et lumineux : ambiance un brin rococo, finalement too much. Et on se pavane chez Gucci, on se prélasse avec le regard fixe et le visage inexpressif. Les accessoires en alligator aux reflets brillants accentuent jusqu’à son paroxysme le caractère luxueux de la collection. Mention spéciale pour les bottes de cavalier aux détails crocos, alliance réussie d’une chaussure plutôt sport et d’une matière des plus nobles. Pas exceptionnelle, mais plutôt différente des précédentes, cette campagne met très clairement en lumière la richesse de cette collection hiver… et des personnes qui la porteront.

Prada

Prada

Pour Prada, nous en avions parlé, c’est la vanité et le pouvoir qui affirment la richesse. Des costumes retro restructurés par Miuccia, de longs manteaux en tweed qui soulignent la carrure, le tout porté par un casting prestigieux d’acteurs charismatiques. Droits et fiers, le regard fixe, empreint de fierté : l’homme Prada de cet hiver a l’assurance et la virilité de Corto Maltese ainsi que le flegme et la classe « so british » de Sherlock Holmes. C’est un homme de pouvoir, un homme puissant et cérébral qui affirme son statut à travers ces pièces classiques revisitées. La noblesse d’un pourpre en arrière plan finit ce tableau de maître qui fait de cette campagne l’une des plus réussies de la saison et de la marque.

3 – Figé dans le temps

Lanvin, Salvatore Ferragamo et surtout Dior Homme ne sont pas des rigolos lorsqu’il s’agit de l’image de leur maison. Ce n’est pas cet hiver que la fantaisie s’invitera dans leurs campagnes. Chacun a le point commun de nous soustraire au temps : mélange de moderne et de rétro, nature morte et figée, lieu somptueux où le temps révèle le noblesse des choses : nous ne savons pas quand, ni vraiment où, mais qu’importe !

Lanvin

Lanvin

Lanvin plante un décor rétro et presque burlesque, avec le vieux poste de télévision joliment intégré dans son meuble tout en formica « précieux », le bon vieux fauteuil patriarche et les décors kitsch : cadres photos noir et blanc, bibelots et lampes ultra design… Au milieu de tout ce fatras, l’homme Lanvin affiche un regard sévère, il est tantôt quinqua et black, tantôt jeunot et pâle, vêtu d’un manteau d’hiver matelassé (doudoune ou bombers) ou d’une veste noire, mais en toutes circonstances d’une paire de sneakers blanches montantes. C’est plutôt sobre et cohérent avec l’esprit de la marque. Au delà de ça, l’empreinte artistique de la campagne paraît assez limitée, alors que chez Dior Homme rien n’a été laissé au hasard !

Dior Homme

Dior Homme

Dans la forêt. Daisuke Ueda, Hao Yunxiang & Nan Fulong aux cheveux patinés et brillants se tiennent corps et regards figés, regardant ça et là, mains dans les poches ou pendantes le long du corps. L’ombre des pins vient nuancer le noir intense de leurs vêtements, rendant encore plus mystérieuse l’ambiance pesante de l’endroit. Il semble que la campagne repose principalement sur la notion de contraste. D’abord entre les 3 silhouettes et le lieu : une nature morte et pâle, presque floue d’une part, les costumes impeccablement taillés, les longs manteaux cintrés, le noir très net et brillant de l’ensemble des pièces d’autre part… Une campagne complexe, contrastée et très nette : une réussite.

Salvatore Ferragamo

Salvatore Ferragamo

Enfin l’italien Salvatore Ferragamo s’invite lui aussi dans cet espace temps figé et non identifié avec Sean O’Pry comme guide. Ici aussi la richesse est clairement à l’honneur.
Dans le salon à cigare d’un luxueux hôtel avec ses boiseries précieuses et le cuir d’un siège design et rétro, Sir O’Pry arbore un costume cravate dont les tons prunes intenses se parent de reflets doux et délicats ainsi qu’une paire de souliers classiques au cuir fraichement ciré. Jambes croisées, à l’allure décontractée, il a le regard fixe et serein d’un homme sûr de lui, dans lequel pointe un soupçon d’intrigue. Et pour cause… car le miroir placé derrière lui nous montre que c’est apparemment sur Joan Smalls qu’est posé ce regard. Avec ses courbes à vous faire tourner la tête et son regard intense, elle offre à notre homme Ferragamo l’honneur d’un flirt à distance, tout en retenue qui laisse transparaitre cependant une certaine intensité. On envie Sean !
Un second cliché plus simple le montre appuyé contre une tablette en marbre et bois précieux et adossé contre un mur aux imprimés pour le moins chargés. Pantalon et vestes au col relevé en lainage, boots habillées à boucle : élégant, très smart, très efficace. Que ce soit Kate Moss pour ces dames ou Sean pour les messieurs, Ferragamo nous plonge avec brio dans une volupté luxueuse toute en subtilité.

4 – Le mouvement

C’est un grand écart que l’on fait en étudiant les campagnes de Dolce & Gabbana puis celle de Givenchy, deux marques que tout oppose a priori ! Sauf pour cette saison, où les 2 ont décidé d’aller à contre courant des silhouettes immobiles pour préférer le mouvement !

Dolce & Gabbana

Dolce & Gabbana

Dolce & Gabbana peuvent-ils nous amener, à votre avis ? Question difficile n’est-ce pas ? En Sicile bien sûr. Encore et encore…et encore. Admettons que l’on ne fasse pas une overdose, et voyons ce qui s’y passe. C’est jour de mariage dans les rues d’un petit village Sicilien. Pour l’occasion, on s’endimanche jusqu’au cou, sortant les vestons et les paletots de velours, les robes de dentelles et les châles. On danse en famille en pleine rue, on drague la ragazza entre copains, on rit, on chante et ça bouge : la vita é bella !!
De la même manière que de parfaits anonymes ont fait leurs débuts sur le podium du show été 2013, Dolce & Gabbana sont allés chercher de « vrais » siciliens, pour les photographier dans une « vraie » rue typique avec les « vraies » mamas !! Authenticité, tradition et légèreté : hiver comme été, le soleil couplé à une certaine forme de joie de vivre s’imposent, comme une philosophie, les mouvements aidant. Les visages ne sont pas figés mais au contraire très expressifs, les couleurs sont chaudes, le choix des « figurants » intègre du jeune comme du vieux : cela paraît bien spontané, et s’apprécie au milieu de tout ce que l’on peut voir cet hiver !

Givenchy

Givenchy

Selon Givenchy, le mouvement est plus architectural, comme toujours. Une piste d’athlétisme en béton bien usée, en fond une pelouse irrégulière et des arbres défeuillés. 2 silhouettes. Un premier cliché sur lequel Rodrigo Braga et Jarod Scott esquivent une sorte de pas de danse dans leurs belles jupettes en laine. Un second où Simone Nobili et Stella Tenant, femme androgyne, semblent se préparer à bondir, faisant fi de leurs costumes dont les chemises et vestes sont rebrodés et incrustés de clous. Le logo de la marque apparaît lui aussi en mouvement, comme un symbole. Givenchy est aujourd’hui précurseur, un ovni gothique et punk qui fait appelle aux plus traditionnelles et riches méthodes de la couture. Le mouvement est, au delà de celui des figures, celui d’une marque qui avance et se renouvelle sans cesse. Dolce & Gabbana et Givenchy : un couple improbable qui a fait le choix, le temps d’une saison, de s’affranchir d’un certain formalisme sectoriel pour affirmer sa personnalité et sa philosophie.

Voici pour notre petit tour d’horizon, non exhaustif bien sûr, de ce que l’on verra cet hiver dans les magazines.
Donnez nous votre avis : quelle est VOTRE campagne N°1 cette saison ?

Commentaires

  1. Tout à fait d’accord, Modissimo passe aussi en revue les produits du prêt à porter plus accessibles!

  2. Tout à fait d’accord, Modissimo passe aussi en revue les produits du prêt à porter plus accessible!

  3. nina sulika

    test

  4. Je trouve la tendance « mouvement » vraiment bien visuellement.
    La mode et la façon dont elle est portée par le grand public ne devrait pas être figée … donc dans les campagnes non plus !

    • Romain R

      Totalement d’accord avec toi !!

  5. Séb

    Petite faute d’orthographe dans l’article ^^

  6. Séb

    Petite faute d’orthographe dans l’article ^^

  7. Séb

    Petite faute d’orthographe dans l’article ^^

  8. Très bon article, c’est rare les gens qui parlent de tendance sans tomber dans le charabia à la biba.

  9. Sylvain Label-Cravate

    Armani redonne ses lettres de noblesse au fameux pantalon « ample » qui a connu de grandes heures dans les années 50
    http://www.label-cravate.com

  10. Dolce & Gabbana c’est vraiment le top du top… Ils sont très fort!

  11. Dolce & Gabbana c’est vraiment le top du top… Ils sont très fort!

  12. Dolce & Gabbana c’est vraiment le top du top… Ils sont très fort!

  13. Alors d’une part, les campagnes de Zara et meme les collection ont déjà été abordée le mois premier sur ce site. Ensuite, personnellement, si j’ai la chance de pouvoir acheter quelques pièces de ces grandes maisons de façon occasionnelle, en règle générale j’aurai tendance à m’inclure dans ces 90% de gens dont vous parlez. Mais n’oublions pas une chose : ce que vous verrez chez Zara et partout ailleurs vient de là. Ces grandes maisons qui proposent, voir impose leur vision de la mode, leurs silhouettes et leurs codes, pour moi c’est là qu’est la source de la mode. Beaucoup ont encore la passion de la perfection et de la création, choses dont se foutent CLAIREMENT les magasins « abordables ». Je ne dis pas Lanvin&co ne sont pas eux aussi attirés par le profit, mais de façon très nette ils restent malgré tout les initiateurs des tendances, bien à l’opposé de la fast fashion où seul le fric est roi.

  14. Alors d’une part, les campagnes de Zara et meme les collection ont déjà été abordée le mois premier sur ce site. Ensuite, personnellement, si j’ai la chance de pouvoir acheter quelques pièces de ces grandes maisons de façon occasionnelle, en règle générale j’aurai tendance à m’inclure dans ces 90% de gens dont vous parlez. Mais n’oublions pas une chose : ce que vous verrez chez Zara et partout ailleurs vient de là. Ces grandes maisons qui proposent, voir impose leur vision de la mode, leurs silhouettes et leurs codes, pour moi c’est là qu’est la source de la mode. Beaucoup ont encore la passion de la perfection et de la création, choses dont se foutent CLAIREMENT les magasins « abordables ». Je ne dis pas Lanvin&co ne sont pas eux aussi attirés par le profit, mais de façon très nette ils restent malgré tout les initiateurs des tendances, bien à l’opposé de la fast fashion où seul le fric est roi.

  15. Alors d’une part, les campagnes de Zara et meme les collection ont déjà été abordée le mois premier sur ce site. Ensuite, personnellement, si j’ai la chance de pouvoir acheter quelques pièces de ces grandes maisons de façon occasionnelle, en règle générale j’aurai tendance à m’inclure dans ces 90% de gens dont vous parlez. Mais n’oublions pas une chose : ce que vous verrez chez Zara et partout ailleurs vient de là. Ces grandes maisons qui proposent, voir impose leur vision de la mode, leurs silhouettes et leurs codes, pour moi c’est là qu’est la source de la mode. Beaucoup ont encore la passion de la perfection et de la création, choses dont se foutent CLAIREMENT les magasins « abordables ». Je ne dis pas Lanvin&co ne sont pas eux aussi attirés par le profit, mais de façon très nette ils restent malgré tout les initiateurs des tendances, bien à l’opposé de la fast fashion où seul le fric est roi.

  16. name

    est b’in tu t’en passe !

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    est b’in tu t’en passe !

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    est b’in tu t’en passe !

  19. julien

    pfff!! et si on a pas l’argent pour s’habiller chez tom ford?!!! genre 90% de la population….

    • Rubben de la Red

      Imprégnez vous des tendances dégagées par ces grands noms de la mode, et cherchez à les retrouver les dans des pièces plus en rapport avec votre budget. Cela dit, outre l’analyse des tendances des grands noms aux prix démesurés, une analyse du corollaire au sein des marques « plus abordables » aurait été fort intéressant pour les 90% de la population dont nous faisons parti.

    • Modissimo publie aussi des articles plus conseils sur des marques abordables, c’est d’ailleurs toujours le premier à décrypter les pièces sympas des collections de H&M ou Zara

  20. julien

    pfff!! et si on a pas l’argent pour s’habiller chez tom ford?!!! genre 90% de la population….

  21. julien

    pfff!! et si on a pas l’argent pour s’habiller chez tom ford?!!! genre 90% de la population….

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