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De l’intérêt de conserver et analyser les photos de défilés et lookbooks

De l’intérêt de conserver et analyser les photos de défilés et lookbooks
Valery

1200 !

C’est le nombre de photos de mode masculine que j’ai sur mon smartphone. Beaucoup d’entre elles sont des photos de défilés, lookbooks et WAYWT (What Are You Wearing Today : des passionnés qui postent leur tenue du jour sur des forums).

Alors effectivement, avoir autant de photos d’hommes sur son smartphone peut être un peu tendancieux. Mais se constituer une telle photothèque est selon moi votre meilleur outil pour développer vos goûts et, au bout du chemin, trouver enfin le style qui vous convient.

Comment ? La réponse à cette question tient en mot: l’inspiration.

Si on y pense bien, rares sont les autres moyens de la trouver, cette inspiration. En tout cas si l’on veut vraiment se construire un style recherché.

Une autre solution serait observer les gens dans la rue et dans votre environnement quotidien, mais si vous habitez en banlieue de Charleville-Mézières, ça risque d’être peu prolifique. Après, on a déjà tous vu ou connu des gens au style travaillé et cohérent, avec une vraie substance. Mais cette solution propose au mieux une demi-dizaine de styles différents, et on a vite fait de tourner en rond.

C’est très bien d’être plein de bonne volonté et de commencer à faire sa bibliothèque perso de photos de défilés, mais que faire de photos comme celle-ci ?

Crédits: Mihara Yasuhiro

A moins de vouloir sortir tel quel dans la rue, il est difficile de tirer quoi que ce soit de cette tenue en s’y prenant à l’aveuglette. Nous allons voir comment trouver de l’inspiration dans de telles photos à travers deux critères : les couleurs et les coupes.

I Les couleurs

Examiner les photos de défilé et de lookbooks permet de discerner les couleurs peu usitées.

D’abord le violet, dans les deux cas assez sobre et adouci avec des couleurs neutres: gris clair, gris foncé, blanc.

Crédits: Dior Homme

Crédits: Cloak

C’est ici un cuir bleu pétrole dont la couleur extrêmement particulière est soulignée par la palette de couleurs très neutres qui l’entourent : gris, blanc, beige clair. Toute la tenue construite autour du cuir est pensée de manière à ce que le regard soit attiré directement par celui-ci et qu’il puisse se concentrer sur sa couleur et sa texture vraiment singulière.

Par contre, on ne fera surtout pas de rappel de couleur du blouson, par exemple avec des chaussures bleu pétroles car l’effet serait beaucoup trop forcé et vulgaire sur une couleur si particulière.

Crédits: Robert Geller

L’exception confirme la règle. On distingue ici différentes couleurs vives : vert clair et ocre avec un rappel notable entre les chaussures et le pull. L’écharpe très bariolée permet de contrebalancer le rappel un peu trop évident entre le pull et les chaussures, on obtient ainsi une tenue plus cohérente.

Crédits: Etro

Outre la nature des couleurs, on peut examiner la manière dont elles sont combinées ensemble : c’est ce qu’on appelle les contrastes.

Evoquons d’abord les contrastes fort, le plus évident étant le noir/blanc : il est cependant peu utilisé tel quel. Les créateurs préfèrent exhiber de subtiles variations telles que le blanc cassé et le noir, comme on le voit sur la photo ci-dessous :

Crédits: Attachment

Le pur contraste noir/blanc dégage généralement une impression de vulgaire et de cheap : il est donc préférable d’introduire une couleur de liaison comme le gris afin qu’il y ait une transition harmonieuse.

Crédits: Attachment

Certains contraste ne sautent pas vraiment aux yeux, il n’est en plus pas facile de les faire soi-même car ils s’appuient sur des tons de couleur vraiment très particuliers. Dans les défilés, ils sont en plus utilisés d’une manière complexe avec une foule de rappels, parfois pas faciles à identifier. La photo ci-dessous est ainsi plus à savourer qu’à essayer d’imiter.

Crédits: Kenzo

Petite parenthèse sur des pièces multi-tons. Certaines sont vraiment difficiles à porter, surtout avec un contraste rouge/noir qui peut rapidement être vulgaire:

Crédits: Attachment

D’autres pièces passent plutôt bien car les couleurs et leur construction (un simple tee-shirt) restent accessibles :

Crédits: Wintle

Du coup, qu’est ce qui peut bien nous intéresser dans ce genre de tenues ?

Crédits: Rick Owens

Ici, on ne va plus analyser les couleurs (il y a du noir entre deux couches de noir) mais plutôt au travail de coupe.

II Les coupes

Voici les trois types de coupe les plus utilisées:

  • ajustée (on dit aussi cintrée pour les hauts),
  • ample,
  • et droite (ni ajustée ni ample donc).

Impossible d’évoquer la coupe ajustée/cintrée sans rendre hommage au maître en la matière, Hedi Slimane, qui a largement popularisé la silhouette slim après ses débuts à la direction artistique de Dior Homme. Welcome back chez Yves Saint-Laurent Hedi.

 

Crédits: Dior Homme

Analyser cette silhouette reste simple : on a un jean slim, ainsi qu’une chemise et une veste cintrée. On remarque que tout est proportionné en fonction de la silhouette longiligne du mannequin : les pans du col sont étroits et les revers de la veste sont fins. C’était vraiment rare à l’époque.

On peut aussi assembler une tenue comportant de l’ajusté et des vêtements plus amples. Ici on a un haut à la fois cintré, avec un effet de drapé sur le tee-shirt et un bas extrêmement loose. La tenue est donc vraiment travaillée tant en terme de coupe qu’en terme de textures.

Crédits: Bottega Veneta

En s’habillant de manière vraiment loose, on obtient ce genre de tenue. On remarque que le pull joue sur les différences de proportion : il est très court à la taille et il est inversement large au cou et aux épaules, cela accentue d’autant plus cet effet d’amplitude.

Crédits: Véronique Branquinho

Ce manteau signé Luise&Franck, marque maintenant plus connue sous le nom de TheIndividualist, a une construction remarquable qui a demandé un travail fait main vraiment particulier. Il est ainsi ample devant et vraiment ajusté derrière : le dos est parfaitement dessiné, à la manière d’un torse en V. On a l’impression qu’il est tellement bien confectionné qu’il pourrait donner un dos de nageur à n’importe quel gringalet.

Crédits: Luise&Franck


Crédits: Luise&Franck


La coupe droite, qui oscille souvent entre le très légèrement cintré et le légèrement ample : c’est la coupe de base utilisée dans les chaînes de prêt-à-porter cheap comme Celio ou Jules. Mais la coupe droite est aussi utilisée avec un savoir-faire bien plus éprouvé chez des marques comme APC, spécialiste des pièces basiques de bonne qualité.

Crédits: APC

A bientôt,
Valéry, du blog de conseils en mode masculine
BonneGueule.fr

Commentaires

  1. Thomas Poujol

    Il aurait été intéressant de connaître ton analyse sur certaines marques asiatiques très pointues et qui pourraient illustrer de la meilleure manière tes propos. Je pensais par exemple à Junya Watanabe ou Comme des Garçons. Deux labels qui proposent un travail admirable sur la silhouette et les mixes de couleurs et matières. Qu’en penses tu ?

    • Valéry

       J’aime aussi beaucoup ces deux marques mais elles s’inscrivent surtout dans le mouvement déconstructionniste  qui peut s’avérer déstabilisant pour les débutants et leur faire penser que la mode n’est fait que de silhouettes étranges et de couleurs bariolées.

      Il vaut mieux se concentrer sur des silhouettes plus conventionnelles pour démarrer, comme les créateurs cités dans cet article.

      • Thomas Poujol

        Bonjour,

        Je te remercie pour ta réponse et la précision dont tu fait preuve. Je suis tout à fait d’accord avec toi en ce qui concerne l’analyse que tu fais de ces deux marques.

        En revanche, ton raisonement m’amène à remettre en question ma vision de la mode et de ces deux marques (ce qui est toujours une bonne chose). Vois tu, lorsque j’achète des vêtements appartenant à ces deux labels, je me focalise essentiellement sur le mélange de motif, l’esprit et le courant dans lequel s’inscrit une collection ainsi que la façon dont je pourrais les adapter à ma silhouette (trahir en quelque sorte l’esprit de la collection). Finalement, je crée une silhouette en reprenant l’esprit propres à ces deux marques (tailoring/casual, les détails comme la chemise sans cravate boutonnée jusqu’au col, le pantalon court et les chaussures massives) sans pour autant reproduire les silhouettes vues sur les podiums (étant de petite taille je ne peux pas adopter les pantalon taille haute, assez courts et relativement ample).

        Faut il finalement selon toi essayer de reproduir de façon exacte ce qui est présenté lors des shows ou est il concevable de réadapter la silhouettes en gardant l’esprit ?

        • Non, reproduire les silhouettes des podiums c’est le total look assuré, et en général le résultat est peu portable. 

          Mieux vaut piocher un peu partout, au fil de ce que tu aimes dans telle ou telle marque, pour au final construire un style qui t’est propre.

          Un peu comme si tu réunissais différents tubes de peinture, pour t’exprimer à travers un dessin qui te ressemble.

        • Non, reproduire les silhouettes des podiums c’est le total look assuré, et en général le résultat est peu portable. 

          Mieux vaut piocher un peu partout, au fil de ce que tu aimes dans telle ou telle marque, pour au final construire un style qui t’est propre.

          Un peu comme si tu réunissais différents tubes de peinture, pour t’exprimer à travers un dessin qui te ressemble.

        • Non, reproduire les silhouettes des podiums c’est le total look assuré, et en général le résultat est peu portable. 

          Mieux vaut piocher un peu partout, au fil de ce que tu aimes dans telle ou telle marque, pour au final construire un style qui t’est propre.

          Un peu comme si tu réunissais différents tubes de peinture, pour t’exprimer à travers un dessin qui te ressemble.

          • Thomas Poujol

            Bonjour Geoffrey et merci pour ta réponse.

            En réalité je n’ai jamais essayé de reproduire de façon fidèle les looks présentés sur les podiums, pas forcément parce qu’ils sont peu portables (junya watanabe propose généralement des silhouettes assez « abordables » à l’exception des salopettes de cet été et encore ce n’est qu’une question de goût…) mais pour la simple et bonne raison qu’à chaque saison et c’est le cas pour tout le monde j’imagine, je ne me focalise pas sur une seule marque, ce qui m’amène à faire cohabiter plusieurs tendances.

            Seulement, à force de mélanger, il m’arrive de me demander si ce mélange ne « trahit » pas l’esprit ou tout simplement n’aboutis pas à une silhouette vide de sens, ce dont j’ai horreur (porter les vêtements Dior très moulant…). Il ne s’agit pas seulement d’assortir les vêtements mais aussi de créer une silhouette qui concorde avec l’esprit (longueur, largeur etc…)

            S’habiller est une forme d’auto expression. Il doit y avoir derrière chaque tenue, du moins c’est mon avis, une référence à un courant, à une époque qui démontre une connaissance. Maîtriser les codes et les règles pour finalement les réinterpréter. Et puis au final, il est important de trouver « son style » pour ne pas composer un dressing trop « hétéroclite » qui rendrait impossible toute cohérence dans les tenues.

            Cela dit, je te remercie une fois encore pour ta réponse qui me rassure et me rappel qu’il n’est pas obligatoire de reproduire ce qui est présenté lors des shows.

            Voilà, j’espère rester compréhensible et partager de façon claire mes idées.

          • Thomas Poujol

            Bonjour Geoffrey et merci pour ta réponse.

            En réalité je n’ai jamais essayé de reproduire de façon fidèle les looks présentés sur les podiums, pas forcément parce qu’ils sont peu portables (junya watanabe propose généralement des silhouettes assez « abordables » à l’exception des salopettes de cet été et encore ce n’est qu’une question de goût…) mais pour la simple et bonne raison qu’à chaque saison et c’est le cas pour tout le monde j’imagine, je ne me focalise pas sur une seule marque, ce qui m’amène à faire cohabiter plusieurs tendances.

            Seulement, à force de mélanger, il m’arrive de me demander si ce mélange ne « trahit » pas l’esprit ou tout simplement n’aboutis pas à une silhouette vide de sens, ce dont j’ai horreur (porter les vêtements Dior très moulant…). Il ne s’agit pas seulement d’assortir les vêtements mais aussi de créer une silhouette qui concorde avec l’esprit (longueur, largeur etc…)

            S’habiller est une forme d’auto expression. Il doit y avoir derrière chaque tenue, du moins c’est mon avis, une référence à un courant, à une époque qui démontre une connaissance. Maîtriser les codes et les règles pour finalement les réinterpréter. Et puis au final, il est important de trouver « son style » pour ne pas composer un dressing trop « hétéroclite » qui rendrait impossible toute cohérence dans les tenues.

            Cela dit, je te remercie une fois encore pour ta réponse qui me rassure et me rappel qu’il n’est pas obligatoire de reproduire ce qui est présenté lors des shows.

            Voilà, j’espère rester compréhensible et partager de façon claire mes idées.

  2. Ekim

    Tout à fait d’accord qu’il faille se faire « l’oeil » de même qu’en photograhie et dans l’art en général. Mais sans l’attrait pour les vêtements, le fait de copier les photos de mode on tombe vite dans la caricature ou la faute de goût! On ne porte pas ses bottes par dessus son pantalon sauf si on veut vendre des bottes ! Je tiens aussi à dire que je me suis « formé » autant en lisant les magazines mode homme que femme. Le goût et l’harmonie des couleurs et des textures n’ont pas de sexe. Et grâce à des bogs comme les vôtres l’ouverture au monde de la mode est quasi quotidienne maintenant alors que moi (j’ai 40 ans) j’attendais l’Officiel ou Vogue Homme pour ma dose. Et pour éviter de craquer je m’achetais Harper’s Bazaar ou Vogue. Je suis donc tout à fait d’accord, l’ouverture d’esprit est la source de tout.

  3. Ekim

    Tout à fait d’accord qu’il faille se faire « l’oeil » de même qu’en photograhie et dans l’art en général. Mais sans l’attrait pour les vêtements, le fait de copier les photos de mode on tombe vite dans la caricature ou la faute de goût! On ne porte pas ses bottes par dessus son pantalon sauf si on veut vendre des bottes ! Je tiens aussi à dire que je me suis « formé » autant en lisant les magazines mode homme que femme. Le goût et l’harmonie des couleurs et des textures n’ont pas de sexe. Et grâce à des bogs comme les vôtres l’ouverture au monde de la mode est quasi quotidienne maintenant alors que moi (j’ai 40 ans) j’attendais l’Officiel ou Vogue Homme pour ma dose. Et pour éviter de craquer je m’achetais Harper’s Bazaar ou Vogue. Je suis donc tout à fait d’accord, l’ouverture d’esprit est la source de tout.

  4. j’en profite pour vous vous filer notre pinterest avec pas mal d’idées : on y centralise nos photos.
    http://pinterest.com/bonnegueule/

  5. j’en profite pour vous vous filer notre pinterest avec pas mal d’idées : on y centralise nos photos.
    http://pinterest.com/bonnegueule/

  6. Très intéressant cet article, avec pas mal de bons conseils, même si bon je ne pourrais jamais me séparer de mes milliers de photo vestimentaire et de styles en tout genre qui sont sur mon Ipod.
    Au passage pour ceux qui en veulent encore plus, tumblr est la pour vous : http://www.tumblr.com/tagged/menswear :)

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