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Dossier : Berluti – Queen of Shoes

Dossier : Berluti – Queen of Shoes
Antoine

« Lorsque j’ai eu ma première paye, j’ai tout claqué pour une paire de Berluti ! » cette phrase semble être la version masculine du phénomène Louboutin.

Depuis la première boutique, ouverte en 1928, jusqu’au statut de numéro 1 qu’occupe aujourd’hui la marque, bien du temps s’est écoulé…

Surnommée la reine du soulier (par snobisme, il est de bon ton de parler de souliers et pas de chaussures chez Berluti …), Olga Berluti continue de perpétuer cette tradition de chausseur d’exception qui a fait le succès de l’enseigne.

Berluti : sur-mesure & prêt-à-chausser

 

Un artisan en train de réaliser le montage, qui consiste à mettre la tige de la chaussure en place sur la forme.


Des formes fuselées, des patines profondes comme une laque chinoise, les souliers Berluti sont hors-normes et confèrent un style certain à son propriétaire.

Une tradition artisanale : tous leurs produits sont réalisés à la main dans les ateliers Berluti . Effet de sfumato à la Leonard de Vinci, bleu Klein intense, le chatoiement des couleurs est truculent, et fait penser à de véritables œuvres d’art moderne, réalisées à même le cuir.

La marque dispose évidemment d’un service sur-mesure, quintessence du slow luxe, les souliers sont alors réalisés de manière totalement artisanale, dans les ateliers de la rue Marbeuf à Paris, avec pour leitmotiv confort et esthétique (… et ça a un prix : à partir de 4000 euros la paire. Blam).

Quant au prêt-à-chausser, il est fait en Italie, à Ferrare (pour une fourchette de prix variant de 700 à 1200 euros).

Que ce soit en prêt-à-chausser ou en mesure, le client adopte son modèle ‘’nu’’, c’est à dire qu’il ne comporte ni patine ni coloris. Ces derniers seront alors choisis par l’heureux élu, et la paire sera renvoyée dans les ateliers pour le coup de peinture final ainsi que le glaçage, conférant à la chaussure son brillant incomparable.

Hélas, ce service n’est disponible que dans la boutique historique… Si vous faites votre shopping chez Barneys à New York, passez votre chemin.

Un vendeur de la rue Marbeuf m’avoue qu’à terme, cette personnalisation de la patine ne se cantonnera plus qu’au service sur-mesure…

 

Berluti : l’art de la patine

Des patines inimitables…

La confection d’un soulier sur-mesure est certes un vrai spectacle pour les yeux mais l’essence du procédé de fabrication demeure dans la réalisation de la patine, à l’aide d’encres, d’huiles essentielles et de beaucoup de savoir-faire. Ce procédé artistique se termine par un cirage, tout un art chez Berluti, à réitérer à la maison, et qui relève plus de l’amusement que de la contrainte (vous conviendrez qu’en possédant une paire qui vaut un salaire mensuel, mieux vaut prendre plaisir à les entretenir…).

 

Pour les non-initiés, les patines recouvrant la chaussure (oui, j’ai osé!) sont célèbres chez Berluti, car la couleur unie n’existe pas, tout est dans la tonalité, nous aurons du beige moiré, des fauves flamboyants, des violets irisés, des bleus opalescents, mais en aucun cas des couleurs pleines et sans nuances.

Et c’est ce qui fait tout l’attrait pour la marque, qui excelle dans ce domaine. C’est malheureusement un luxe éphémère… et ces tableaux chaussés s’affadissent et finissent par disparaître. Avec un entretien consciencieux, il paraît que la patine peut perdurer une petite dizaine d’années… Heureusement, la maison propose un service de remise à neuf, jadis gratuit, il est maintenant payant… Rentabilité quand tu nous tiens.

Les nouveaux territoires de Berluti

La maroquinerie n’est pas en reste, et on peut enfin considérer des produits tels que la valise ‘’Formula 1000’’ ou le sac ‘’2 jours’’ comme des objets de mode, l’attaché-case devient un véritable accessoire masculin,  au même titre que le Kelly d’Hermès le serait pour une femme…

Et on peut espérer plus, car la direction artistique de la marque a été confiée à Alessandro Sartori, occupant précédemment le poste chez Z Zegna, afin qu’il réalise, pour la première fois dans l’histoire de Berluti, des collections de prêt à porter ‘’pour habiller l’homme contemporain en total respect des valeurs et de l’histoire de la Maison’’, affirme Antoine Arnault. Loin de lui l’idée d’une motivation bassement pécuniaire of course

 

Les huiles essentielles colorées, outils de base du patineur


Au risque de perdre son âme originelle de chausseur, Berluti se lance donc dans le vêtement, et on peut s’attendre néanmoins à de bonnes surprises en matière de blousons en cuir patinés et chamarrés, ou même de tee-shirts en peau, réalisés grâce à ces nouvelles techniques de découpe laser qui permettent d’obtenir une finesse de cuir jamais atteinte auparavant (procédé qui a fait la joie des créateurs cette année, avec des peaux à toutes les sauces).

Quant aux tissus, la marque devra faire ses preuves dans un domaine qui lui est totalement étranger, nul doute qu’avec les moyens déployés, elle saura satisfaire l’amateur exigeant.

Prédestiné par le prénom – qu’il partage avec le fondateur, Alessandro Berluti – espérons que M. Sartori ne tentera pas de dénaturer l’esprit de la maison en se lançant dans un prêt à porter desigualesque, qui ne correspondrait pas à l’image dandy trendy, si joliment relayée par Olga depuis de nombreuses années.

 

La palette de l’artiste…

 

Mais pour l’instant, on en reste au traditionnel soulier, qui est loin d’être hégémonique en matière de chaussures de luxe…  En effet, le raffinement a ses limites, et des bémols sont à relever.

Fabriquées quasi-exclusivement dans un cuir ‘’Venezia’’, réputé pour sa souplesse et son appétence pour les couleurs (point essentiel  pour la marque), les Berluti sont cousues en Blake, ce qui confère une extrême finesse à la chaussure.

Mais tant le cuir que les coutures caractéristiques rendent ces petites merveilles très fragiles, et par temps de pluie, on en déconseille le port. Des chaussures d’apparat en quelque sorte, qui sont plus adaptées aux épaisses moquettes de palace qu’aux trottoirs parisiens crados…

Les ‘’formes’’, réalisées en bois naturel, pendouillant au-dessus d’un escarpins à lacets ‘’Alessandro’’, modèle emblématique imaginé par le fondateur de la marque, Alessandro Berluti, en 1895

 

Comme pour toute marque-symbole, le débat fait rage, certains portent Berloute aux nues, d’autres l’exècrent.

On ne saurait que trop vous conseiller, si vous avez la chance de pouvoir claquer quelques milliers d’euros en pompes, de comparer avec d’autres marques, selon l’usage destiné, votre style, et ce que vous voulez paraître.

Le dandy aigri, celui qui ne fait bien sûr rien comme tout le monde, vous parlera de la déréliction du savoir-faire artisanal des bottiers de luxe, et vous conseillera des marques très bien (mais différentes stylistiquement parlant) comme Corthay, Aubercy, Crokett & Jones ou Weston

Mais LVMH ne rime pas avec pigeon, et la qualité est au rendez-vous chez Berluti aussi.

On paye certes cher un travail d’artiste, mais c’est toujours moins onéreux que dans une galerie d’art.
Et c’est plus utilitaire.

 

La patine est un art… Si vous voulez donner une seconde vie à votre paire de croquenots marrons, ne vous y risquez pas en autodidacte… Mieux vaut investir et la faire réaliser par un professionnel, il en existe un certain nombre, principalement sur Paris. Mais voici celui qui fait les plus belles patines du monde.

 

Commentaires

  1. Berluti c’est la grande classe. Suffit simplement de les regarder attentivement ou d’en toucher la matière pour comprendre la qualité du travail qu’il y a derrière. Nous avons quelques paires très chics en boutique, pour ceux que ça intéresse : http://www.32opera.fr/accueil

  2. Berluti c’est la grande classe. Suffit simplement de les regarder attentivement ou d’en toucher la matière pour comprendre la qualité du travail qu’il y a derrière. Nous avons quelques paires très chics en boutique, pour ceux que ça intéresse : http://www.32opera.fr

  3. Bg

    Sachez que l oneu regler en plusieurs fois
    C comme cela que je me suis offert mes olga il y a 4 ans de cela
    Et j envisage deja des andy
    Et je confirme que ce sont plus des souliers d apparat, entre journee professionnelle sur moquette
    Et dejeuner confortable
    Plutot que pour un port dans le metro
    Lol
    Perso, je sors mes olga dans le cadre de journee business
    Et je m en delecte toujours
    Cdlt

  4. Bg

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  5. Bg

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  6. Le prêt-à-porter sera pour hommes ET pour femmes… J’ai bien peur que cette audacieuse idée marketing ne détruise le coeur de métier de Berluti.

  7. olivier

    Très bon article pour un passionné de souliers que je suis. Je vous conseille vivement pour l’entretien de vos chaussures, les conseils, la réparation minutieuse, le travail d’orfèvre, d’aller faire un tour à « L’atelier Cattelan ». Voir réaliser leur magnifique patines, leur glaçages somptueux, sur le pas de la porte… ils sont passionnés et passionnant. Se sont pour moi LES cordonniers à Paris. Deux adresses :
    « Atelier Cattelan »
    128, rue de Grenelle – 75007 Paris
    Tél. : 01 45 55 17 70

    2, rue Mélingue – 75019 Paris
    Tél. : 01 42 08 58 18

    • Antoine

      Merci pour les adresses!

  8. Ludovic

    Je rêve d’une Berluti depuis 5ans mais c’est quand même très chère pour juste un montage blake en petite mesure , est-ce que ça le mérite réellement ? Pour la grande mesure je peux encore comprendre !

    • Antoine

      Ludovic, si c’est pour sacrifier tes économies dans une paire de Berluti en prêt-à-chausser, c’est pas la peine. Ce genre de chaussures est réservé aux gens qui n’ont pas le temps de prendre de la mesure, mais qui ont les moyens de claquer 2000balles dans des chaussures, et pour le nom, et pour la qualité.

      Le montage Blake n’est pas une garantie de mauvaise qualité, loin s’en faut. Je dirais même l’inverse. Mais par contre la chaussure est plus fragile aux intempéries. Les Berluti sont des bijoux. A porter de temps en temps, ce ne sont pas des chaussures de tout les jours.

      Si j’ai un conseil à te donner : achète une paire de Loding ou autres souliers de bonne facture mais abordables. Puis dépense 60-70euros chez Bolten pour qu’il te fasse une patine de toute beauté. Tu auras des pompes aussi belles que des Berluti pour à peine plus de 200 euros.

      • On a bien le droit d’être super sceptique au sujet de souliers à 4000€ monté Blake mais il faut se dire qu’à ce tarif l’exigence n’est surement pas la résistance aux intempéries.

        Après, se chausser d’un travail d’artiste il faut aussi en avoir envie.

    • Je plussoie Antoine, surtout si c’est sacrifier ces économies pour porter ses Berluti dans des tenues où elles représenteront 90% du budget.

  9. je donnerai tout pour m’offrir une paire de berluti. élégance, originalité et qualité caractérisent ses chaussures. bel article Antoine.

  10. Matsya

    L’un de mes professeurs en possédaient plusieurs paires, dont une avec laquelle il fait de la moto depuis 15 ans. Elles ne portent aucuns stigmates grâce à un entretien minutieux et régulier et grâce à au très haut niveau de qualité.

    Pour bien connaitre les différentes marques et leurs produits, je peux vous garantir que Lobb et surtout Weston sont « à la traine ».

  11. Article très bien écrit et documenté (j’ai apprécié le clin d’oeil au travail de Mr Bolten à la fin de l’article).
    Parler de dandy aigri est un peu fort, il me semble que parmi les connaisseurs, la marque ne fait effectivement pas l’unanimité, non pas (que) pour le style mais aussi au niveau de la qualité du cuir et de la construction…
    Personnellement je bave devant certaines de leurs patines!

  12. Novah

    Article très sympa.

    Toutefois, parler de Berluti comme le numéro 1 me semble un peu osé puisqu’aucun réel comparatif n’a été fait (et dans ce cas, j’aurais tendance à miser sur Delos ou Devos, voire sur John Lobb London).

    Quant au service de patine payant, il est moins là pour la rentabilité que pour limiter les pertes, LVMH étant en quasi permanence au chevet de la marque (Ce qui n’est pas plus mal, soyons d’accord), en termes financier. D’ou la prochaine extention de Berluti en gamme de Prêt-à-porter pour hommes.

  13. juju95470

    Entre ton article sur les costumes et celui-ci je vais devoir me mettre à jouer au Loto. merci

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