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Défilés été 2014 : un petit tour à Londres

Défilés été 2014 : un petit tour à Londres
Romain Rousseau

A priori Londres c’est la fashion week que (presque) tout le monde sèche. Cela dit, certains signes ne trompent pas en ce qui concerne la montée en puissance de la semaine des défilés britannique, à commencer par la relocalisation du défilé (c’est bien la seule chose relocalisée) de Burberry Prorsum. Petit tour d’horizon, histoire de vous donner quelques billes pour évoquer cette mise en bouche « so british » !

Alexander McQueen

La dentelle défraîchie, l'élément marquant de cette collection.

La dentelle défraîchie, l’élément marquant de cette collection.

Personne n’est irremplaçable. Dur constat, mais force est d’admettre que Sarah Burton perpétue à merveille l’esprit unique de (feu) son mentor. C’est à dire que la Maison McQueen a un don pour le « spectacle sartorial » que peu ont, et cette collection ne déroge pas à cette (désormais) vérité générale. Un cérémonial chaotique avec pour cadre un grand bâtiment industriel ruiné, très brut. La dentelle surprend tant son usage est rare pour les lignes masculines, et plus encore par son aspect vieilli. Les imprimés sont massifs, les mailles trouées et les par-dessus aériens. Finalement, on aurait presque le sentiment d’assister à un ballet de poupées retro du genre de celles que l’on trouve chez un antiquaire, avec leur peau poudrée et leurs chaussures à boucle bien sages. L’homme McQueen sera androgyne l’été prochain, sans demi mesure. Entre hier et aujourd’hui, imperméable à toute forme de tendance, cette collection nous renvoi à nouveau et inlassablement à l’esprit torturé de Lee McQueen. Si Sarah Burton nous démontre sans discontinuer que la personne est remplaçable, en revanche show après show, la figure de McQueen s’impose un peu plus parmi ses paires en écho au travail de ce visionnaire adulé.

Prêtez attention aux chaussures...

Prêtez attention aux chaussures…

 

Burberry Prorsum

La maille, matière phare du show.

La maille, matière phare du show.

Les britanniques étaient attendus avec ferveur et impatience. Pensez vous, le retour de l’emblématique Maison sur les terres qui ont vu naitre son fondateur, Thomas Burberry : Home Sweet Home. Et effectivement sur le podium, tout colle parfaitement avec l’ambiance londonienne, de quoi faire pâlir sir Paul Smith encore installé sur les podiums parisiens. Une ambiance cosy mais surtout très rustique, qui amène Bailey à rêver de campagne. De belles mailles colorées (bleus, verts et un rouge particulièrement vif) seraient ennuyeuses si leurs larges encolures ajourées ne permettaient pas la mise en valeur de cols de chemises et de cravates amusantes. La présence de noir et de bleu marine pour des costumes assagit le zèle coloré du début en gardant un peu de place pour des chemises et des lainages pastels, somme toute assez intemporels et loin des pièces fortes auxquelles nous avait habitué la ligne Prorsum. Qui dit UK dit pluie, donc forcément les impers et autres « anoraks »  marquent la dernière partie de ce défilé, en rupture avec l’esprit très habillé des trenchs. Et Bailey a finalement réussi à surprendre en proposant une collection moins « racée » qu’à son habitude, pour le plus grand bonheur des fans de cette mode londonienne dont l’écho se fait de plus en plus grand.

Timide sur les designs, audacieux sur les couleurs. Keep an eye on the tie !

Timide sur les designs, audacieux sur les couleurs. Keep an eye on the tie !

 

Christopher Kane

Noir, Blanc, Graphique.

Noir, Blanc, Graphique.

D’aussi loin que l’on se souvienne, Christopher Kane aime le print, qu’il soit galactique, industriel ou animalier. Cette saison ne déroge pas à la règle, à ceci près que le créateur, qui a récemment lâché les rênes de Versus, s’est attaché à concevoir des imprimés beaucoup plus graphiques. A la manière d’un logiciel de modélisation en 3 dimensions, Kane affiche ces visages digitaux sur des sweats et des Tshirts, ainsi que des courbes pour quelques shorts et manteaux. Et des couleurs ! Intense pour le noir (symbole de l’infini) et le blanc, électrique pour les rouge, bleu et jaune, en totale symbiose avec cette dimension numérique de la mode proposée ici. En occultant la légère ressemblance avec la couverture de The E.N.D (BEP), il est tentant de dire que c’est tout simplement beau. Pas toujours facile à porter, mais beau.

Plus acidulé, mais toujours 3D.

Plus acidulé, mais toujours 3D.

 

Lee Roach

Le jeu de l'asymétrie, tout en sobriété.

Le jeu de l’asymétrie, tout en sobriété.

L’asymétrie n’est pas toujours évidente à manier, mais les quelques silhouettes de cette collection  qui le sont montrent que Lee Roach sait de quoi il parle. Tout tourne autour d’une sangle, qui déstructure un top, applique un tablier, ou sublime un blazer beige de façon très subtile,  mais très discrète, juste suggérée. Lorsque le jeune créateur se veut plus conventionnel, il joue la carte de la géométrie parfaite, où les sangles ceinturent et structurent tuniques et manteaux. Ne crions pas au génie, mais reconnaissons que Lee Roach sait où il va et que cette cohérence est fort appréciable !

Avec ou sans manches, sanglés + un splendide cuir à la coupe minimaliste.

Avec ou sans manches, sanglés + un splendide cuir à la coupe minimaliste.

 

Pringle of Scotland

Une version très lumineuse du tartan...

Une version très lumineuse du tartan…

Bien sûr du carreau, plus ou moins massif, mais pas n’importe lequel. Le tartan, comme un dogme, une philosophie, un écho à l’inhérent cliché du kilt écossais. Puis un blanc éclatant, de la maille, et somme toute, de belles choses. Pringle of Scotland ne cherche pas nécessairement à surprendre, mais c’est une de ces marques vers lesquelles on revient justement pour trouver ce dont on ne se lasse pas, saison après saison. On finira peut être par en avoir marre, mais ce n’est pas encore pour cette saison.

...qui s'oppose à une vision plus classique  et sombre du célèbre motif à carreaux.

…qui s’oppose à une vision plus classique et sombre du célèbre motif à carreaux.

 

Topman

La version cheap et low cost du cowboy.

La version cheap et low cost du cowboy.

La plus grosse prise de risque de cette fashion week…celle qui consiste à tout miser sur le même cheval, ou plutôt sur le même cowboy. Ce n’est pas la version D&G avec jeans délavés, cuirs patinés et franges, non. Pire. Le cowboy avec ses broderies florales et ses plastrons colorés, aux pantalons amples ceinturés de cuir laminé. Pourquoi ? Cela, personne ne le sait. C’est finalement assez vulgaire et grossier, sans réel intérêt, mais qu’importe : le roi de la fast fashion ne jure que par les ventes de ses millions de Tshirts à 9€ (3 en soldes).

Du recyclage du napperon de mère-grand.

Du recyclage du napperon de mère-grand.

 

 

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