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Top 5 : Fashion week de Milan, Printemps Été 2015.

Top 5 : Fashion week de Milan, Printemps Été 2015.
Romain Rousseau

Si Londres nous laisse sur notre faim, Milan tient ses promesses. Ils sont toujours là pour faire le show, les Versace, les Gucci, les Zegna, les Prada…même si c’est parfois bien malgré eux. En tout cas ici on ne s’ennuie jamais, ici c’est Milan !

Milan surprend, même sans le vouloir. Malgré les désertions de certains anciens membres lui préférant sa -surestimée- concurrente britannique, l’Italienne demeure une fashion week solide – En apparence ? On est en droit de se poser la question car il semble que certains se soient perdus en route, et qu’une remise en question soit indispensable. Roberto Cavalli a dépouillé sa collection de son sens unique de l’artisanat, Gucci nous sort péniblement un défilé à peine digne d’une capsule croisière, et Prada est incapable de trouver la moindre inspiration crédible depuis plusieurs saisons. Pendant ce temps, le contraste avec les bons élèves se fait cinglant, avec une Versace ou un Emporio Armani ayant mis le paquet sur une fabrication absolument somptueuse, et un Bottega Veneta qui se réveille en sursaut. Rien n’est jamais acquis, surtout dans une période où la mode masculine bat tous les records de vente et pèse de plus en plus lourd dans ce secteur du Luxe. 

Gentlemen, la Fashion Week de Milan Primavera Estate, par Modissimo. 

 

Le plus riche : Versace

Do you know the question I hate the most ? « What’s the inspiration for the show ? »

Everybody asks me, show after show, for men or women, each time. But a designer is inspired continuously, from unexpected things.

Press and journalists… they expect me to say « Oh I did this trip in Morocco and I was so inspired by colors… I won’t say that.

Donatella Versace n’a donc pas dit qu’elle avait été fascinée lors d’un voyage à Cuba par la liberté et la légèreté des hommes, par l’ambiance et les couleurs des rues locales. Non non, jamais. A vrai dire, il n’y en aurait même pas besoin tant le travail parle ici de lui même.

versace1Dès les premiers looks, le ton est donné : c’est la démonstration d’un sens de l’artisanat grand train. Un ensemble composé d’un top en soie rose sans manches, retroussé aux épaules à la manière d’une toge, et d’un pantalon en agneau plongé révèle la finesse et la légèreté du cuir, proche de la texture d’un tissu. Shorts, pantalons et tops (polos, chemises…) se déclinent en soie (crêpe notamment) dans des tons rose, framboise, sable. La décontraction ambiante transforme une veste au col plongeant portée avec un pantalon à plis et une ceinture fine en une élégante combinaison. Pas une erreur dans les coupes ou la confection, et cela ne s’arrête pas là.

versace2Les mailles d’été s’avèrent particulièrement raffinées, graciles, grâce à leur conception extrêmement soignée et très précise, faisant encore la part belle à la soie. Au sein de gilets à manches courtes ont été intégrées des broderies réalisées au crochet, sans doute fragiles mais superbement réalisées. Et qui a dit que les 5 poches devait n’être fait que de toile jean ? Ils sont ici fabriqués intégralement en broderie anglaise, ou sont brodés à l’or de motifs exotiques. Blanc et or sont des teintes voyantes, certes… Quoiqu’elles soient appréciables ici pour leur fraicheur (voir le cardigan oversize aux boutons dorés). L’italian way of life quoi, version superluxe.

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La cuban vibe est encore plus marquée dans la dernière partie du défilé, durant laquelle on croisera de nombreux cuirs, certains avec les manches lacées, d’autres plus spectaculaires encore montés comme des patchworks. Avec leurs couleurs puissantes et leurs formes artys (façades dignes de GTA Vice City, corps en mouvement, feuilles de monstera…), ils respirent les vacances bien vintages aux caraïbes, dans une fabrication toujours impeccable. On notera enfin la présence de costumes portés sur T shirts ou à même la peau, certains cousus des motifs récurrents de la collection. Impossible, donc, de se tromper Donatella !

Ce défilé illustre tout d’abord la fantaisie de Versace : une saison le résultat va être catastrophique, vulgaire au possible voire carrément insultant pour la gent masculine, la suivante ce sera une superbe proposition de designs osés mais rafraichissants, véhiculant une vision unique de la mode, comme c’est le cas ici. La constante reste la fabrication, comme nous le disons à chaque fois. La Maison se donne les moyens techniques de l’audace qu’elle met dans ses collections, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Ayant conservé sa production en Italie depuis toujours, la marque sait qu’elle aura la capacité d’assurer une production fidèle au « rendu atelier » du défilé : c’est ce que l’on appelle du Luxe. Et si vous n’êtes pas convaincus, aller faire un tour en boutique « juste pour regarder » : cela vaut toujours le détour !

 


Le plus décontracté : Bottega Veneta

Le défilé Bottega Veneta figure parmi les plus réussis de cette fashion week… Un qualificatif assez rare sur ce blog lorsqu’il s’agit du prêt à porter de la Maison italienne, nous qui lui reprochons son approximation en terme de style. L’été 2015 fera oublier tout cela avec une recherche du confort dans le mouvement et de la décontraction.

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L’identité de la collection repose sur 3 éléments. En premier lieu, il y a les mailles, surprenantes et ouvragées. En raison de coupes bien évidemment amples, les pulls étonnent d’abord par leur épaisseur et leurs couleurs souvent sombres, évocatrices de la saison hivernale. Heureusement, les larges encolures, les matières légères et la fluidité générale de ces pièces les rendent plus originales qu’inappropriées ! Niveau détails, on apprécie les motifs tricotés autour du col de la maille bleu azur, et le recours à une technique tie & dye pour la teinture. Le flottement des shorts accentue l’ambiance estivale et met en lumière la grande sensation de confort perceptible rien qu’à travers les images.

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Second élément caractérisant le travail de Maier pour l’été 2015 : les inspirations proches streetwear, le directeur artistique ayant souhaité mettre à l’honneur les danseurs de broadway ou de la rue. La référence aux john’s, ces pantalons de danse classique très près de la jambe et un peu plus amples au niveau du bassin pour permettre le mouvement, s’avère frappante. La panoplie est presque complète avec les ballerines et le débardeur col danseuse : pas très viril sur le papier, nous vous l’accordons, mais dans le contexte du show cela reste intéressant. Le parti pris osé a su capter notre attention pour son côté jusquauboutiste, sans pour autant renoncer aux « impératifs » commerciaux d’une Maison telle que Bottega Veneta.

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Enfin, même la dernière partie plus formelle du show affirme un côté casual, dévoilant les torses et les bras avec aisance. Les chemises omniprésentes en soie très légères disposent de manches courtes ou longues, mais retroussées aux coudes, et sont largement déboutonnées. Ce relâchement général balance le formalisme des pantalons à plis, et les quelques rares costumes subissent le même traitement, avec les pantalons remontés jusqu’aux genoux ou roulottés au dessus de la cheville. Easywearing at its best !

A travers cette collection, Maier a su donner une identité forte à son travail. Le baroudeur un brin bohême, et plein de légèreté se découvre beaucoup que ce soit les bras ou le torse : faut-il y voir l’affirmation déjà évoquée de l’homme spornosexuel ? Difficile d’être affirmatif. Malgré les nombreux bouts de peau que l’on a pu voir, on sent bien que le raffinement inhérent à Bottega Veneta et à ce défilé en particulier rend délicat le port de chemises déboutonnées en dehors de ce podium – du moins pour l’instant. En tout état de cause, si le total look n’est pas envisageable, en revanche l’injection mesurée de cette « broadway touch » à un ensemble plus sage pourrait bien se révéler très judicieuse !

 


Le plus barbant : Prada

Encore une fois, le podium était alléchant, posé sur un bassin au fond bleu électrique, dans une grande salle aux colonnes blanches. Une opposition entre un lieu sombre, industriel et la représentation d’une piscine suggérant l’été. Le siège de la Maison est à l’image des podiums Prada : un parti pris architectural très fort, ultra cohérent avec l’univers de la marque. Nous ne sommes pas là pour parler déco, il n’empêche que cela reste plus intéressant que ce que l’on a pu voir sur le podium.

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La grosse tendance du défilé fûrent ces petites surpiqûres visibles un peu partout (manteaux légers, blazers, pantalons…). Elles viennent marquer les contours d’éléments comme les poches ou les cols, et ont l’aspect d’un coup de crayon laissé sur le vêtement, comme s’il était encore couché sur le papier. Malgré un rendu vraiment concluant, ces détails ont déjà été vus et revus, jusque dans les plus basses strates d’enseignes de prêt à porter.

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La palette de couleurs est cohérente avec le style Prada et la saison estivale, et on retiendra en particulier ces verts eau très profonds, sublimant n’importe quelle tenue, sobre ou plus exubérante. Le cuir appliqué de lignes beiges est d’une qualité splendide, portée par la rigidité du travail en contre collé. Pour le reste, coupes de pantalons à plis droites, vestes cintrées et sandales à lanières croisées.

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Quelques costumes revêtent une brillance métallique et froide, avec toujours des surpiqûres structurantes mais moins tranchées qu’en début de show. La présence d’un joli par dessus blanc de lait lui aussi marqué de bandes de cuir camel s’associe bien au jean à l’indigo vintage, récurrent d’ailleurs.

Voilà ce que l’on pouvait – péniblement – trouver de positif à un défilé sinon insignifiant… Et il n’y a pas que pour la presse que cela semble laborieux (certains journalistes ont également peiné au point de s’attarder sur une description du buffet…), car le défilé était composé au tiers de pièces pour femmes. A écouter Miuccia Prada, son travail pour l’homme est tellement génial qu’elle a envie de le porter… propos censé justifier la présence massive de femmes sur ce podium masculin. Sait-elle seulement qu’il y a probablement plein d’autres designers de talent prêts à se consacrer à 100% à la ligne homme de la Maison, et qu’elle pourrait donc retourner à ce qu’elle sait faire de mieux : concevoir des sacs en nylon ? Elle est loin la « révolution Prada » ayant marqué le monde de la mode par son style unique, racé et impressionnant ! Rien n’est vraiment moche dans cette collection ni réellement raté, c’est purement insignifiant – ce qui est pire.

 


Le plus reconnaissable : Emporio Armani

Il a beau être une seconde ligne, le label Emporio de la célèbre Maison Armani est très souvent le fruit d’un travail remarquable et approfondi. Cette saison ne déroge pas à la règle, et Giorgio offre une fois de plus une collection très reconnaissable.

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D’abord beaucoup de figures géométriques que l’on pourrait dire avantgardistes, portées par une myriade de matières techniques et innovantes (mélanges de coton, de soie, de laine…). Les coupes sont plutôt classiques, permettant de faire de ces pièces fortes des vêtements portables. Quelques manches raglan, reconnaissables grâce à une coupe assez sport : pas d’emmanchures au niveau des épaules, mais un biais partant de l’encolure. L‘italian vibe de Armani est bien là, cela se retrouve dans les lignes près du corps, tant au niveau des pantalons que des tops, et l’esprit urbain de silhouettes plus fluides et amples adaptées pour arpenter la ville.

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L’adn sportwear propre à Emporio Armani ne tombe pas dans les clichés et anoblit un sweat à manches courtes et capuche d’empiècements de cuir matelassé. Ce qui pourrait être un jogging se voit parcouru d’une simple ligne blanche très graphique, et porté avec un t shirt extrêmement léger en turquoise très frais. L’onde architecturale se manifeste aussi à travers ces lignes qui se croisent sur un pull en poney rasé. L’effet de brillance est exceptionnel, valorisé par le podium et l’éclairage de surcroit. Les tennis basses ou les loafers à épaisse semelle blanche donnent bien le ton de la décontraction et respectent le total look noir, massivement présent pour cet été 2015.

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Armani est passé maître des coupes asymétriques et créé une fois de plus des blousons de cuir saillants avec une fermeture désaxée. Celui-ci est sublimé par un contraste entre une texture mât et une autre brillante pour dessiner des lignes horizontales, présentes aussi sur des chemises en mélange assez transparentes. Ces effets de brillance soyeuse sont régulièrement aperçus chez l’italien, dont la force est proposer une vision unique du sportwear chic.

Giorgio Armani a de la bouteille et cela se voit dans la gestion de ses marques: il a su s’entourer de designers ayant la même vision de la mode masculine que lui, et surtout il n’a pas flanché. Avec la rigueur qui est la sienne et son audace stylistique, il impose cette saison encore un vestiaire puissant et surtout très identifiable. Capable de rester fidèle à ses codes tout en osant l’expérimentation, le label Emporio Armani se révèle une fois de plus être l’une des valeurs sûres de la mode masculine.


Le plus décevant : Gucci

Frida Giannini est une directrice artistique de grand talent, ayant su amener le vestiaire Gucci à son meilleur niveau de raffinement et de sophistication – dommage que la politique commerciale trop gourmande ait tout foutu en l’air. Bref. Il n’empêche que l’été 2015 va être une des collections les plus décevantes de la créatrice.

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Ce qui a « inspiré » Frida Giannini, si l’on peut dire, a le mérite d’être très facilement identifiable. L’univers nautique est la clé de voute de cette collection, et avec elle la sensibilité militaire adoptée par le style Gucci depuis de nombreuses années maintenant. Cela donne des costumes aux pantalons courts au dessus de la cheville, et des vestes à deux boutons ou croisées, parfois agrémentées de lignes bleu marine aux poignets. Les mocassins ont beau être en crocodile, ils demeurent mocassins (comprenne qui pourra !).

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Pour apporter un petit plus, les rayures verticales chargent les silhouettes ajustées du dandy Gucci. Sauf que ce côté bagnard est plutôt impromptu finalement. Il est possible toutefois d’admirer les détails de la veste officier, en particulier le soin porté aux boutons et le col : on s’y croirait. Niveau couleurs, domination du blanc troublée par quelques bleus, rouges ou noir.

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Le peu de fantaisie – en fouillant bien – se trouve du côté des pantalons à ponts : ce n’est pas une révolution, mais cela fait un certain temps que nous n’en n’avions pas vus sur les podiums. Remarquez aussi que leur coupe est plus large que le reste des bas, avec un fond de culotte également très bas. C’est peut être par là qu’il aurait fallu chercher, et peut être envisager une version plus sport ou casual du style navy. On ne s’attendait également pas à trouver un débardeur en tricot, quoiqu’il ne soit pas malvenu au regard de tout ce qui a été présenté.

Trop pauvre, cette collection marque un brutal coup d’arrêt à l’envolée artistique dans laquelle s’élançait la directrice de la maison Gucci. Après les tristes strings aux G entrelacés marquant le passage de Tom Ford, elle redéfinissait avec une grande justesse le dandy vu par la Maison florentine en y intégrant une dimension techno passionnante. En repartant sur ces costumes de marins, en misant sur l’aspect commercial d’une collection fraiche et bien réalisée mais sans identité, Frida Giannini nous déçoit. Vue revue et re revue, cette collection donne davantage envie de passer à la saison suivante.

Scan des autres défilés marquants


Calvin Klein Collection

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Beige, beige, beige…beige

Il a fait ses armes en tant que designer minimaliste et conceptuel. Il y a encore des restes à en juger par l’utilisation récurrente du beige uni, des pieds à la tête. Le travail se fait remarquer à travers les matières, mêlant du classique (cuir, jersey…) et du -beaucoup- moins classique (plastiques transparents, cuir d’anguille…). Le résultat est comme toujours bien singulier et assez désirable, car si le total look de même couleur est casse gueule, il faut bien avouer que lorsqu’il intègre plusieurs matières comme ici, il est d’une sophistication délicieuse.

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Le plastique et le cuir d’anguille rivalisent « d’originalité »…


Costume National

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Allure décontractée et vêtements portables tranchent avec feu le style « dark » de la marque

Et il y a une surprise, plutôt bonne d’ailleurs, sur le podium de Costume National qui nous propose en effet une collection plus facile à porter, plus légère, plus italienne finalement. Fini le dark et les formes étranges, nous profitons de pièces toujours unies, mais confortables, bien taillées et fabriquées dans de belles matières. La palette de couleur – plus variée, donc – passe de couleurs sourdes et naturelles (blancs, beige, marron chocolat…) à d’autres bien plus profondes comme le rouge vif, prune très intense ou bleu azur.

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Une palette de couleurs affirmées !


Dolce & Gabbana

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Toréadors & co

Pour leur carnaval Printemps Été 2015, les 2 designers légèrement épinglés par le fisc italien se sont inspiré de la corrida, des toreros et de leurs traje de luces – habits de lumière…. C’est vrai qu’ils ne nous l’avaient pas encore faite celle là. Leurs vestes sans cols se raccourcissent et se retrouvent couvertes des imposantes broderies espagnoles. La coupe oversize des tops aux manches 3/4 est toujours là, signe distinctif du duo italie, ainsi que les fameux costumes à pois ayant fait le bonheur de Lionel Messi récemment. On ne change pas une équipe qui… On ne change pas une équipe !

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Jusqu’au bout : Dolce & Gabbana ne reculent devant rien


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Il n’y a qu’eux pour faire autant de mal à des jean’s !

Que c’est vulgaire, que c’est bling, que c’est cheap. Avec leurs matières si banales et leurs couleurs bien trop vives, le duo canadien propose une fois de plus une collection pour profanes du style et autres bodybuilders autobronzés. Décidément lorsqu’il s’agit d’élégance, ces deux là ne savent vraiment pas y faire. Et en même temps soyons clairs, nous n’attendons rien d’eux !

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Et le prix des couleurs les plus nauséabondes est attribué à…


Ermenegildo Zegna

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La décontraction selon Pilati passe par des coupes généreuses

Et Pilati continue son installation au sein de la Maison Zegna, quoique sa patte semble largement posée. Les formes enveloppantes, la décontraction et le flegme transpirants de chaque silhouette en ferait presque un british ! A voir la netteté des revers de vestes et la palette de couleurs tranchées, on en oublierait presque le classicisme dans lequel tombait Zegna il y a peu. L’art du tailoring se fait plus discret, mais tout le monde sait que la marque reste l’une des meilleures du monde dans ce domaine !

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On n’oublie pas les rayures, tendance marquée de la collection


Moncler

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Rocky’s back

C’est toujours la folie avec Thom Browne aux commandes de Moncler, et on voit d’ailleurs très mal comment il pourrait maintenant se sortir de là. Qu’importe puisqu’il enfonce le clou avec une collection cette fois-ci inspirée de la boxe. Capuches, shorts et tabliers en satin, chaussures montantes fines et lacées jusqu’en haut reconnaissables et gants de boxe marquent ce défilé. Les matières techniques font une belle apparition sur les costumes, les doudounes et les hauts, sinon ça ne serait pas du Moncler !

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Le bleu, blanc, rouge, véritable signature de la marque


Roberto Cavalli

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L’imprimé serpent est traversé de lignes colorées

Monumentale incompréhension chez Roberto Cavalli. Nous louons constamment l’énorme savoir-faire de cette Maison qui, collection après collection, apporte à l’Homme un soin démentiel à coups de broderies précieuses, de coupes impeccables et de peaux précieuses travaillées par des orfèvres. Cette saison, tout s’écroule. Malgré quelques pièces bien réalisées (pantalons de cuirs brodés…), le travail présenté ici pourrait être celui de la seconde ligne Just Cavalli : il repose presque exclusivement sur les imprimés animaliers (python, leopard…) représentatif de la 1ère ligne depuis toujours. Le contraste avec les collections femmes, de plus en plus artisanales, laisse penser que peut être Roberto Cavalli a été pris de court face à la pression croissante qui pèse aujourd’hui sur les collections homme. Nul doute qu’il saura rebondir et mobiliser ses ateliers sur l’univers masculin.

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Vif mais beau cuir matelassé vert. Une des rares pièces à garder


Salvatore Ferragamo

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Cintrage prononcé par des ceintures de toutes sortes

L’aisance de Giornetti aux rênes de Ferragamo est assez déconcertante. La maturité que nous évoquons souvent à son sujet est tellement constante qu’elle en devient vraiment fascinante. Passant d’une collection été 2014 très sport à une autre 2015 beaucoup plus bohème, Massimiliano G. s’est compliqué la vie avec des matières exceptionnelles. Les couleurs qui semblent unies ne le sont pas en réalité, la plupart étant tissée de couleur sourdes enrichissant les tenues de reflets et nuances très subtils. Ce qui n’est pas ceinturé à l’extérieur l’est souvent à l’intérieur, et on appréciera aussi beaucoup le travail autour des cols de polos, en châles ou revers croisés. Un raffinement magistral bien que tout semble portable : coup de maître.

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Été oblige, les matières se font légères, presque aériennes

Retrouvez également le résumé de la Fashion Week de Londres et très bientôt celui de Paris

Commentaires

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  2. LOIC

    Milan était egalement décevant.
    Comme d’habitude depuis quelques saisons déja, le meilleur show est le show VERSACE. J’aime car finalement, depuis 2012 DOnatella a compris ce que voulait le peuple! J’ai tendance à préférer les collections hivernales de Versace car c’est là qu’on peut vraiment voir le savoir-faire de la marque: magnifique travail sur le cuir, expertise dans la coupe et surtout les pièces d’exterieur qui sont fabuleuses.

    PRADA avait pour theme d’etre ennuyeux donc, elle a réussie mais c’est une bonne collection de vêtements assez portables et de jeans taillés bizarrement. Mais comme d’habitude chez Prada, tout ca n’a pas trop de sens vu que 10% de cette collection seront produits.

    Le problème de FRIDA GIANNINI est le fantome de TOM FORD. GUCCI HOMME par TOM FORD c’était quand même quelque chose d’exceptionnel. Au dela des effets de podium (mannequin en string), les collections étaient justes parfaites et cela tout les 6 mois. Pourquoi TOM est le fantome de FRIDA? Simplement parce que quand GUCCI est aussi nul, on ne se rememore pas le temps où FRIDA faisait un travail décent mais directement celui où GUCCI était GUCCI.

    Je pense serieusement que FRIDA a fait son temps chez GUCCI. Quand on voit ce qui se passe chez VUITTON, PRADA ou VERSACE et qu’on voit ce qu’est devenu GUCCI…

    • Romain Rousseau

      D’accord avec vous sur certains points concernant Versace, sauf sur les collections hiver qui ne servent qu’à faire le buzz. Cette collection été est bien plus ouvragée et révèle de façon plus conséquente le savoir-faire de la Maison que n’importe quelle collection hiver.

      Mais je ne comprends pas trop la comparaison entre Prada, Vuitton et Gucci, qui ont toutes des fonctionnements finalement assez différents…
      Prada ne cherche pas à être ennuyeuse, elle mise sur une mode ultra intello pour valoriser son nom afin de vendre produits sans aucune valeur ajoutée. Aucune Maison ne cherchera à susciter l’ennui dans un contexte aussi « concurrentiel »…
      Versace cherche à affirmer son style et faire le lien avec son héritage artisanal et ses heures de gloire au sortir d’une période difficile.
      Gucci a plutôt tendance à vouloir faire oublier la vulgarité pathétique (mais ambiante dans la mode à cette époque) des années Ford et je dirai qu’au contraire, Giannini est indispensable à la marque car elle en a saisi l’essence. Malgré une petite erreur ici, si l’on peut dire, elle a amené un raffinement dont la Maison a plus que jamais besoin pour retrouver une image Luxe ternie par la vente massive de toile monogrammée.

      • LOLA

        Pour PRADA, j’ai surtout utilisé ce terme car elle a déclaré vouloir refaire ses classiques. Dans ce sens là, la collection se voulait très simple (pour ne pas dire simpliste), donc en total opposition avec celle de cet été.

        Ma comparaison? Juste par rapport au buzz et à l’excitation qui entourent ces maisons en ce moment.
        Pour GUCCI, je n’aime pas forcement etre passéiste mais je trouve que la Frida ne se foule mais pas du tout du côté de l’homme. Il fut un temps ou sa mode masculine était relativement forte…exhuberante peut etre mais forte.

        Pour DSQUARED, on est d’accord non? Après Jeremy Scott, la collection la plus vulgos de la FW

        J’aime bien lire vos articles. Ils donnent une nouvelle perspective sur la mode masculine.

        • Romain Rousseau

          Ah il est certain que faire le buzz n’est en rien corrélé avec la qualité du travail d’une Maison, ou à la réussite d’une collection !
          Pour Gucci, soyez indulgent… On a tendance à trop mettre la pression sur les directeurs artistiques – moi y compris je l’admet – mais je peux tout à fait comprendre qu’il puisse y avoir quelques passages à vide… même s’ils disposent de dizaines de designers à leurs côtés pour les épauler ! Après, nous saurons très prochainement si effectivement la maturité de Frida Giannini va laisser place à la monotonie voir à l’ennui… Même si tout doit être relativisé : finalement, tant que les matières, les coupes et les détails restent dignes de leur rang, alors l’honneur est sauf.

          Merci pour votre retour en tout cas… j’avoue être très curieux de savoir en quoi ma façon d’écrire vous semble apporter une nouvelle perspective, terme très honorant qui plus est.

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