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Autopsie de la fashion week de Paris, PE 2014.

Autopsie de la fashion week de Paris, PE 2014.
Romain Rousseau

Nécropsie est malheureusement un terme particulièrement approprié pour parler de cette fashion week. D’abord parce que les défilés se raréfient au profit de présentations en showroom, ou par l’envoi de simples clichés comme a pu le faire Jean Paul Gaultier. Merci pour l’image misérable conférée à la mode Masculine ! Egalement, la frilosité stylistique douloureusement constatée n’est guère enthousiasmante et souligne le décalage avec les milanais, dont certains ont osé le changement. C’est la crise mes bons messieurs, alors on se rabat sur ce qui rapporte le plus, et là force est de constater que même si la gent masculine affirme de plus en plus son goût pour « les belles choses », les femmes restent les plus grosses consommatrices de sacs et de vêtements. Oui le but, c’est avant tout de dégager de la valeur ajoutée, quoique l’on en dise. Ne désespérons pas, car de nouveaux venus comme Berluti nous rappellent que l’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

Avec un retard proportionnel à la déception ressentie (oui, l’excuse est facile), la Fashion Week de Paris, Printemps Été 2014 vue par Modissimo.

Balenciaga

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Ce nom a un potentiel énorme en matière de style… Ghesquière a apporté une vision inédite et extrêmement puissante de la femme Balenciaga, et je regretterai TOUJOURS de ne pas avoir retrouvé un tel emballement cérébral dans les collections masculines, dont l’avenir paraît incertain. Et ce n’est pas Alexander Wang qui y changera quelque chose, sachant qu’il ne s’est pas du tout impliqué dans cette collection sur le plan médiatique. Sur le design pur et dur, sa griffe est à peine perceptible, même si quelques efforts ont été faits. Certains évoquent de petits fermoirs métalliques sur quelques vestes en laine, ou des chemises asymétriques fermées d’un bouton unique. Mmmh… l’équipe de modélistes et accessoiristes de la maison aurait sans doute pu le faire elle même ! Si l’on veut éviter de se faire du mal en imaginant ce que pourrait être l’homme Balenciaga s’il concentrait plus d’attention, examinons cette collection d’un point de vue utilitaire – et finalement plus « masculin ». Le noir, le blanc et le gris dominent, ce qui tombe bien puisque « ça va avec tout ». Côté matières, de très belles peaux, quelques mailles intéressantes à côté de la redondante popeline, mais déjà vos yeux sont rivés sur cet imper caoutchouteux. Importable, rappelant la collection Prorsum pour cet été, mais inattendu. La précision des coupes est fort appréciable, les nombreuses poches à rabats structurant vestes et blousons à merveille. Pour résumer, de belles pièces, même si on est encore loin du potentiel perçu à l’évocation du nom de famille de l’illustre Cristobal.

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Balmain

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La reine de la rue François 1er avait fait très fort pour l’hiver 2013/2014 avec des cuirs travaillés comme jamais, inspirés du luxe asiatique. Beaucoup plus sage cette saison, la proposition artistique de Rousteing est beaucoup moins forte… C’est ballot, lui qui estime que cette collection lui ressemble plus que toutes les autres #opécombidon. Deux styles cohabitent dans les croquis du jeune français. D’abord, celui d’un homme très élégant empruntant le tweed et l’esprit Chanel que l’on reconnaitra tous, ou le fameux matelassage de la marque elle installée rue Cambon (historiquement). Le smoking représente à nouveau l’homme Balmain par des vestes courtes aux lignes de spencers, même si, paradoxalement, il y a assez peu de chemises. Ensuite, les combinaisons de cuirs dans une coupe « mécano » et les inamissibles jeans biker, en denim ou cuir, ravivent l’essence contemporaine de la maison. A la rigueur, disons que cet esprit très structuré du jean devenant déité est toujours aussi agréable, la précision des surpiqures et de la coupe étant la principale raison de leurs succès, sans doute plus que l’absurde overpricing dont ils sont victimes. Les vibes navy sont (encore) là, elles aussi, ostentatoires avec les marinières, vestes croisées marine et logo ancre. Déjà vu ! Ces 2 styles sont transcendés par l’omniprésence du pantalon façon sarouel, puissamment imposé pour cet hiver déjà, et que l’on pourrait bien revoir régulièrement…  Finalement, c’est dans les basiques que l’on trouve les plus belles pièces de cette collection.

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Berluti

 

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Cette griffe, propriété de LVMH, est à la chaussure ce que Brioni est au tailoring. Autant dire que la récente arrivée de la française par adoption sur le marché du textile fait entendre un petit teintement de cloche… Oh bien sûr, aucune rivalité affichée, mais disons que le costume Brioni se porte excellemment bien avec les richelieus Berluti : ces 2 marques sont sur le même segment de la haute tradition de l’excellence et du Luxe. Heureusement, la présentation à Paris a montré une audace délicieuse et salutaire pour cette saison battant jusque là des records de fadeur. L’exemple le plus éloquent est une tenue, ma foi très simple en terme de design, composée d’une veste en cuir suedé à poches sans rabat, d’un pantalon 7/8eme, le tout dans un bleu proche de l’électrique absolument divin, et d’une paire de richelieu blancs à la semelle bois. La résonnance italienne de Berluti est criante, avec ce subtil équilibre de matières luxueuses au possible, d’une couleur intense remarquable, et enfin d’une simplicité qui permet et donne envie de tout porter, dépareillé ou ensemble. A l’égal d’un italien, l’atelier de la maison soigne ses matières de reflets et de textures variés, dans une transpiration de richesse à peine ostentatoire. Les coupes s’avèrent, comme les cousus de leurs chaussures : irréprochables. Le petit plus réside dans le casting des mannequins : de tous les âges et de tous les styles, avec une ambiance visiblement décontractée autorisant les sourires. Probablement l’une de collections les plus réussies de la saison, ce qui fait encore plus regretter l’absence d’un défilé pour emporter toute cette magnificence.

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Dior Homme

 

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Au moment où les défilés parisiens ennuient et assomment plus que la chaleur de ces jours, Van Assche se lâche. Imaginez, des applications sur les toiles unies ! Une collection Dior Homme avec des motifs patchwork ! Doucement sur l’exclamative cela dit, parce que finalement ce n’est pas comme si la collection présentée révolutionnait le vestiaire masculin de Monsieur Dior. En faits, sur quelques pièces, des applications de matières contrastées ont été posées de façon très graphique un peu dans l’esprit des toiles de Mondrian. Quelques vestes sont carrément (ah ah ah) bi colores de part et d’autre de la boutonnière, un côté bordeaux ou bleu, l’autre côté noir. Plus de cuir que de coutume, plus travaillé aussi sur un polo extrêmement réussi, marquant l’idéale conciliation du minimalisme et de l’excellence en matière de fabrication. KVA cherche autre chose visiblement, comme de nombreuses vestes sans manches, des matières synthétiques à la texture intéressante ou ces applications qui, sobrement intégrées sur une boutonnière, pourraient bien devenir des classiques, à l’image des shorts omni présents. Aurait-il fait le tour ? Il est difficile de se renouveler dans le minimalisme Dior Homme, mais il est sans doute trop tôt pour se prononcer. En tout cas, voici deux saisons consécutives durant lesquelles le directeur artistique, avec l’imprimé triangle dans un cercle et ces applications multimatières, s’oriente vers des designs plus construits et structurés. Wait & see.

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Givenchy

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A mesure que l’aura de Givenchy, dont le nombre de groupies ne cesse de croitre, se confirme au sein de la modosphère masculine,  on observe parallèlement une remise en question voir un rejet de l’esprit imposé par Tisci. Il y a là un phénomène clairement identifiable de rejet de la « démocratisation » de cette ligne, en gros « tout le monde aime maintenant, donc je n’aime plus ». Il y a aussi les conservateurs, qui saison après saison s’insurgent contre cette ère diamétralement opposée à celle de Boateng, abhorrant ces jupes et autres excentricités si éloignées de l’esprit tailleur du prédécesseur de Tisci. Entre la superficialité et le conservatisme, il faut un juste milieu, que cette collection nous permet d’explorer. Dans le positif, on ne peut enlever à la vision masculine de Givenchy une identité et une créativité démentielles. Ces inspirations dark parfois, psyché souvent, construisent la silhouette d’un homme ultra sophistiqué et emprunt de tradition : voyez comment Tisci affiche la religion, ou, pour l’été 2014, comment il s’inspire de l’Afrique, distant de ses codes gothiques. Des maquillages et imprimés tribaux semblent avoir été exposés à une certaine radioactivité, vifs et inquiétants. Un peu comme un son de l’adepte des masques en rafia, Subtract (SBTRKT), alchimiste des rythmes électros, occasionnellement couplé à la voix tribale et authantique de Sampha … Ont-ils inspiré Ricky ? Possible. Ses imprimés ultra géomètriques construisent des masques rituels appliqués sur des photos de visages noir et blanc dans un travail très graphique. Les vibes High tech de la collection se matérialisent par d’autres imprimés de boutons, de cordes de guitare électrique, de vieux magnetos… dans une surcharge picturale reconnaissable entre 1000. Finis les kilts, les manteaux noués à la taille se substituent aux jupes, quoique l’on aperçoive aussi des pagnes futuristes, souvent réservés à des torses nus, représentation pas forcément fidèle de ce qu’est l’homme à l’état de nature. Le dessin est unique : que les givenchosceptiques purs et durs reconnaissent au moins que Tisci et ses graphistes sont des chimistes fous du print, comme personne. Mais reconnaissons aussi que cela ne fait pas tout. Les coupes aux épaules oversize et tombantes, les tabliers, tuniques et manteaux géants, cela commence à devenir facile. Il n’y a pas de prouesse technique particulière, ou plutôt il n’y en a plus, cette résignation de la maison étant entérinée par l’arrêt de la Haute Couture. Maintenant l’idéologie, c’est production de masse (délocalisée comme il faut pour certains articles, malgré des prix inchangés) et développement commercial multicanal. De ce côté c’est une réussite pour cette marque, proche de la faillite il n’y a pas si longtemps. Oui c’est un peu facile, et cela justifie probablement de ne plus être de qualifié de Luxe.

Tentons une définition à la wiki. Givenchy, auparavant Maison de Couture Hubert de Givenchy, était une marque de Luxe aujourd’hui simplement premium, reconnue pour ses imprimés imposants et ses inspirations urbaines et streetwear hype. Riccardo Tisci assure la direction artistique de l’ensemble des lignes, maniant l’art de la préquelle comme celui de l’avant-gardisme, en alchimie avec les aspirations commerciales de la marque. 

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Issey Miyake

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Comme d’habitude, une déflagration de couleurs. Mais Takahashi a cependant privilégié des coupes plus sages : t-shirts, blazers, shorts, pantalons coupe droite… Sans aucun doute, l’intérêt de tout cela est bel et bien l’art de la teinture propre à cette maison. Ainsi des bleus et verts explosent ensemble pour constituer le motif frais d’un pardessus. la texture soyeuse d’un tshirt fait flotter une sorte de Tie & Dye bleu sur fond noir somptueux. Et bien que ce soit un exercice risqué, une tunique et un t-shirt ample bénéficient d’un dégradé de couleurs froides et chaudes, du cuivre au bleu marine. Ce n’est pas parce que l’on aime la folie que l’on est pour autant indiscipliné, ce que rappelle la présence d’imprimés géométriques et de rayures, plus structurés. L’ensemble consacre la virtuosité de la griffe Miyake, qui ose les couleurs mieux que personne. Ne leur parlez pas d’uni, cela serait déplacé à la vue de la maitrise ostentatoire des techniques de teinture. Même après tant d’années, le style Miyake reste incontournable. C’est fort !

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Lanvin

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Imperturbable. Quelles que soient les crises et les rebondissements qui peuvent se manifester depuis ces 10 dernières années dans le monde de la mode, la marque perpétue son style d’une façon si régulière que nous pourrions être tentés de parler de monotonie. Les blazers sont éventuellement plus cintrés et les shorts peut être plus courts cette saison. Et quelques pièces intéressantes par-ci par-là, comme ce blouson en tissu technique double face noir/blanc, avec une fermeture asymétrique et un col mao en cuir, le tout dans un travail architectural intéressant. Le rose framboise et les bleus s’avèrent particulièrement agréables et apportent la fraicheur qui manque cruellement chez Lanvin, sans être révolutionnaires. Et puis sur la fin du défilé, un essai d’assemblage de matières par application, mettant en valeur un fade jeu de textures. A la vue de ce défilé, on est en droit de se demander s’il ne serait pas temps de passer à la vitesse supérieure. L’été 2013, le duo de designers avait su garder la sobriété de la Maison tout en jouant avec des combinaisons très sophistiquées de tissus techniques et de peaux, alors que cette saison est vraiment ennuyeuse. Bien… Attendons la prochaine, et espérons que Elbaz et Ossendrijver sauront à nouveau nous surprendre, ou au moins nous faire plaisir avec de belles matières.

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Paul Smith

 

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La morphine provoque, à forte dose, des hallucinations colorées, comme des éléphants roses qui parcourent les murs. Les champignons hallucinogènes génèrent également ce type de troubles délirants, parfois persistants et irrémédiables. Pas besoin d’en prendre pour le savoir, il suffit de regarder un défilé Paul Smith pour comprendre de quoi il s’agit. Le designer ne mange (sans doute) pas de ce pain là, mais il est britannique, alors vous comprenez… Les couleurs sont vives, symptomatiques de cette synesthésie Smithienne, dominées par un rose très vif, un orange fluo, du jaune et du noir. Et des champignons… ils sont là, sur les sweats ou en motifs sur une chemise, imprimés comme des hologrammes psychédéliques. Totalement irrationnel et incongru,  mais pourquoi pas. En guise de pondération de cette folie douce, des formes géométriques en application structurent pantalons et pulls en maille ultrafine, toujours en couleur. Finalement c’est comme d’habitude avec Paul Smith, totalement foufou mais facile à dépareiller et donc portable. Donc rien d’extraordinaire, juste de quoi renouveler sa penderie pour les « déjà fans »…sauf la partie amanite holographiques, trop suggestives pour passer inaperçue !

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Thom Browne

 

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Le lauréat de la collection la plus barrée n’est pas asiatique, ni britannique, mais américain, et gagne haut la main. Non non Saint Laurent c’était une autre catégorie. Enfin pas Saint Laurent, la Maison Slimane plutôt. Je m’égare. Donc Thom Browne, designer « émérite » pour Moncler Gamme Bleue, figure discrète de la mode qui vient pourtant de mettre une dérouillée monumentale à Owens, Westwood ou Kawakubo, à tous ceux qui s’imaginaient être marginaux et perchés, à ces as des délires créatifs, aux rois d’un style hype et prosélyte incompris. Cette collection en 2 mots : corset militaire. Les vestes d’officier sont rigidifiées pour marquer la taille, les épaules étant elles aussi surdimensionnées pour accentuer l’effet du corset. Tissus jacquard bleu, gabardine grise mais également vinyle rouge, parce que bien évidemment on n’est pas à ça près. Les manteaux longs prennent des allures de robes, en parfaite adéquation avec le rouge à lèvres flashy de ces petits soldats de plastique martyrisés le temps d’un ballet presque macabre. Les corps vivent, mais l’esprit du bon gout s’en est allé, et c’est finalement un véritable cénotaphe de la mode homme  qui se trouve sous nos yeux. Soyons rassurés : Browne n’a pas la prétention d’être un génie, à l’inverse de Slimane dont le délire mégalo ne persuade pas, au vu des résultats de la ligne masculine. Je m’égare. Sir Thom semble totalement imperméable à toute notion de succès commercial et y va gaiement. Même si chaque centimètre carré de cette collection ne semble voué qu’à devenir un déguisement, échappant à la conception de l’esthétisme de nombre d’entre nous (y compris Tim Blanks), force est de reconnaître que la fabrication paraît excellente et que le travail de réalisation mérite d’être vu. Si Thom Browne prouve combien il peut être tordu, en revanche il semble peu probable qu’il se prenne au sérieux, ce qui l’autorise à proposer ce genre de défilé de poupées, ne pouvant être qu’une fantaisie grandeur nature… Pendant certains ressortent aussi du rouge à lèvre pour faire trash et attirer l’attention, avec un tel sérieux que cela en devient pitoyable. Je m’égare.

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Valentino

 

valentino13 en 1, voici la collection idéale pour faire le point quant aux codes de la ligne masculine de Valentino aujourd’hui. On est loin de la tradition de Sieur Garavani, mais après tout vu ses choix en matière de liftings et UV, une visions nouvelle de l’esthétisme ne pouvait pas faire de mal. Les enchainements linéaires de matières et de couleurs sont récurrents, un peu dans l’esprit d’un colorblocking, sauf que là l’idée n’est pas de vous faire ressembler à un feu d’intersection. Les denim et chambray indigo, gris et noir revêtent un aspect chiné élégant pour des costumes parfaitement coupés, là où on ne les attendait pas forcément. La dualité des couleurs est travaillée par des blousons double face faisant des revers des détails très intéressants. L’imprimé camouflage revient chaque saison, c’est une séquence fondatrice de l’ADN Valentino et nos 2 créateurs en mettent partout : costumes, manteaux, pantalons, sweats, accessoires… Enfin le T-Shirt a retrouvé ses lettres de noblesses dans une coupe singulière et de (toujours) très belles matières. La coupe ample mais nette de la maison est facilement identifiable, quoique les popelines, denim ou parfois même cuirs dans lesquels le Tshirt est confectionné le soient encore plus. Ce sont les 3 éléments incontournables de l’homme post Garavani déclinés pour la collection été 2014…même si on aurait aussi pu penser au smoking et costumes en général, ainsi qu’aux cuirs, souvent d’excellente qualité et rigidifiés à l’occasion pour dessiner une silhouette massive. Sans mériter une pléthore d’éloge, le duo de designers peut prétendre à la reconnaissance d’un travail fin et délicat, reposant aussi sur le savoir de la Maison.

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Viktor & Rolf

 

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Pas de défilé, encore un de moins. Mais surtout pas d’inspiration, et si le duo d’apparence gémellaire ne relançait pas sa ligne Haute Couture, on pourrait dire qu’ils ont tout bonnement la flemme. Peu stratégique, la ligne homme compose péniblement une vingtaine de looks : blousons bombardiers à l’honneur, imprimés fantaisie et pantalon à rayures. Juste un sweat enduit retient l’attention, même si on peut imaginer que ce genre de pièce vieillira mal. Si on voulait emprunter à la pas-si-fictive Miranda Priestly une réplique en l’adaptant, on dirait que « le détail de leur manque d’inspiration n’a aucun intérêt pour nous ». Ce sera tout.

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Plus furtivement…

 

Acne

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On se croirait chez Marc Jacobs ! Une collection bien perchée avec une opposition entre des textures naturelles très douces et des matières brillantes métallisées. Seulement 14 looks, mais c’est tant qu’assez si c’est pour proposer ce genre de choses.

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Carven

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Le style de la maison s’impose et se lisse saison après saison. Essentiellement des pièces unies, mais des matières texturées assez travaillées. Un vestiaire estival pour ceux qui aiment les coupes simples et le denim, ultra présents dans cette collection.

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Damir Doma

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Fidèle à lui même, le jeune créateur oppose des couleurs naturelles et sourdes à des coupes sophistiquées. Tantôt amples, tantôt fittées et marquées à la taille, les silhouettes se révèlent un peu plus sages que d’habitude, et usent de nombreuses matières aguicheuses.

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John Galliano

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Son nom continue à exister malgré ses déboires, mais c’est bien la seule chose qu’il reste de ce designer fou à l’extravagance inégalée. La discrétion n’est toujours pas de mise, mais à la vue de ces costumes et blazers seulement exubérant par leur imprimé, on se dit qu’il est loin le temps des podiums brumeux ou des cosmonautes baroudeurs nous faisait sourire jusqu’aux oreilles d’amusement. 

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Louis Vuitton

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Décousue, cette collection offre un joli panorama d’imprimés et de couleurs. Superbe cuir camel, tunique façon paisley bleue ou blouson à poches rouge Tie Dye, il n’y a finalement que les smokings de fin de défilé qui n’ont pas grand intérêt.

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Maison Martin Margiela

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Même quand elle ne sait pas trop où elle va, cette maison parvient à nous faire croire que ses collections sont une réussite. Bien à son image, ce défilé fait la part belle à un style conceptuel un peu plus sobre qu’à l’habitude. On notera la présence de belles couleurs comme un bleu électrique très (très) proche de ce que l’on a pu voir l’été dernier chez Roberto Cavalli.

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Raf Simons

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What a mess ! il y a des imprimés dans tous les sens, des couleurs flashies et des robes polo un peu incongrues. En même temps sa récente arrivée chez Dior doit lui prendre pas mal de temps…

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Sur le même sujet : le bilan des fashion-weeks PE14 de Milan et Londres.

Commentaires

  1. Alexandre

    Ni Ackermann …

  2. Alexandre

    TOUJOURS PAS DE SAINT LAURENT….

    • Romain Rousseau

      Saint Laurent a déjà été abordé par Antoine ici : http://modissimo.fr/dossier-3-avis-3-defiles-paris.html

      Ensuite je comprends bien que chacun aimerait que tel ou tel designer soit traité dans ce genre d’article, et j’aimerai pouvoir parler de chacun d’eux. Maintenant, c’est assez compliqué en terme d’organisation, et l’idéal pour aborder ce genre de créateur encore méconnu, c’est de pouvoir aller à leur défilé et de le rencontrer, comme j’avais eu la chance de le faire en janvier. N’hésitez pas à me contacter à la veille des fashion week ou en dehors si vous souhaitez voir abordé tel ou tel sujet/maison.

  3. Givenchy <3 !

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