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Cylindrées très mode : les voitures stars des podiums

Cylindrées très mode : les voitures stars des podiums
Romain Rousseau

Vêtements, chaussures, accessoires…et voitures ! Certains designers se sont offert le plaisir de customiser nos véhicules terrestres à moteur préférés, pour notre plus grand plaisir… ou pas ! Petits coups d’œil sur les partenariats luxe/auto les plus emblématiques.

Versace & Lamborghini

On s’en rendra compte, j’affectionne la marque italienne à la médusa, mais objectivement, c’est pour moi le partenariat le plus abouti, le plus réussi et le plus cohérent.

C’est une Murciélago LP640 que l’équipe de la direction artistique de Versace s’est amusée à customiser. On doutera d’une implication personnelle de Donatella autre que sur le plan de l’image sur ce coup là…

Sous le capot, un superbe V12 aux sonorités qui font rêver, avec la grande particularité d’un capot transparent qui laisse apercevoir les splendides cylindres du bolide. La carrosserie est d’un blanc pastel très pur, juste griffée de la clé grecque. C’est à l’intérieur que l’empreinte de la marque est la plus visible : une sellerie tout en cuir de veau noir pour la 2ème édition, ponctuée de blanc pour la première, avec là encore le logo greca brodé. Le pommeau du boitier de vitesse est orné de la méduse, et une plaque de métal « Gianni Versace Couture » trône entre les deux sièges, dans la continuité de l’appui coude.

Ce n’est pas discret, mais achète-t-on une Lamborghini pour passer inaperçu ? C’est en ce point que la collaboration entre les 2 maisons italiennes est très cohérente : voyante, mais c’est la qualité et la recherche de la perfection qui impressionnent. Cette collaboration « représente une évolution naturelle de l’excellence à la fois pour Versace et Lamborghini à travers la création de ces objets uniques » selon le PDG de Gianni Versace Spa.
La démarche est légitime, et le roadster reste parfaitement positionné sur le marché du luxe.

Enfin, pour parfaire le caractère unique de cette création, vous trouverez dans le coffre tout un tas d’accessoires (valise, sac, gants, portefeuille…) réalisés à la main dans les ateliers de la maison de couture. Installez une Eva Longoria sur le siège passager, enfilez les gants, mettez le contact, et vibrez au son de ce bolide ! On a bien le droit de rêver un peu…

Ah dernier détail qui ramène à la réalité : le prix, à partir de 450 000€ et en édition très limitée.

Chanel Fiole

Chanel. Très probablement la maison de Couture la plus célèbre du monde. Un savoir faire qui surpasse tout ce qu’on peut imaginer : des dizaines de brevets déposés à chaque défilé, l’appel aux compétences ancestrales de grand-mères vivant dans le fin fond des Pyrénées (histoire vraie). Au delà d’un style inimitable, ce qui caractérise la marque, c’est donc son incroyable capacité d’innovation. Qui mieux que Jin Young Jo, jeune designer japonais, pour participer à la conception de « Fiole » ?


Concrètement, on connaît très peu de chose sur ce projet, dans la mesure où ce n’est qu’un concept car qui n’a pas encore été fabriqué. Le teaser annonce que la production peut être lancée « sur demande », comme les étonnants objets proposés par la marque au deux C entrelacés : ballon de rugby, ski, vélo…

En revanche, ce que l’on peut relever, c’est une ligne incroyablement pure et harmonieuse, en cachant partiellement les roues arrière notamment. Entre douceur des formes et dureté de certaines lignes, le jeune japonais a su nous offrir un incroyable travail sur les volumes : la carrosserie des portes est creusée, courbée vers l’intérieur, pour souligner l’imposant capot et la calandre sertie du logo Chanel en pierres précieuses.

Retenons donc la démarche plus que le résultat, même si personnellement je trouve le design très intéressant et futuriste, en cohérence avec le positionnement de Chanel. Affaire à suivre !

Fiat & Gucci

C’est sans conteste la plus médiatisée et la plus rentable des collaborations entre 2 autres marques italiennes, pour donner naissance à la Fiat 500 by Gucci. On est véritablement dans une customisation pure et simple, dans la mesure où le design de la Fiat 500 reste strictement le même au niveau des lignes, des équipements etc…
Les seules spécificités tiennent aux couleurs de la carrosserie et au design intérieur.

Cette voiture existe donc en noir et en blanc, tous deux nacrés. La bande vert-rouge-vert propre à Gucci entoure la voiture en soulignant les fenêtres latérales et le coffre.

Le logo « Gucci classic » est apposé sur les montants de porte et sur le hayon du coffre. La différence et « l’exception » de ce modèle est un peu plus marquée à l’intérieur. La sellerie en cuir noir Guccissima associée à la bande web de la marque de mode est sans conteste l’élément le plus luxueux de l’ensemble de la voiture. Le pommeau et les deux appuis têtes sont estampillés du logo aux deux G entremêlés. Enfin, Gucci en a profité pour créer une gamme d’accessoires dans les mêmes tons, de la serviette de plage au grand sac de voyage.

J’ai essayé d’en savoir plus auprès d’un concessionnaire Fiat qui distribue la voiture. D’abord, très peu d’options envisageables car la voiture est déjà bien équipée : il ne manquerait que le radar de recul ou le toit ouvrant. En prix de base, on est à 17400€, ou 18300€ pour la version cabriolet.

Clairement, même si cette voiture peut être sympa pour une escapade à Rome en plein été, et à moins d’avoir la dolce vita dans la peau, sachez que mieux vaudrait laisser le volant à votre copine… Après discussion, le responsable de la concession m’a affirmé que la Fiat 500 reste une voiture de femme, et la collaboration avec Gucci n’y aurait rien changé. Il est vrai que la petite italienne est une grosse concurrente de la Mini, et que les filles se l’arrachent pour son côté ultra branché.

Et objectivement…il est vrai que la Murciélago fait quand même bien plus virile !

Zooop Courrèges

Si comme moi vous êtes né à la fin des années 80, un rappel s’impose à propos de la marque Courrèges. Pour comprendre par vous même, visitez leur boutique rue François 1er. Les vendeurs sont habillés comme des infirmiers et la blancheur brillante du magasin est très particulière. En fait, André Courrèges est ingénieur des travaux publics à la base. Il fût le roi des podiums à la fin des années 60, en proposant des collections très architecturales et futuristes pour l’époque : pensez aux combinaisons brillantes et unies de Mme Peel dans Chapeau Melon et bottes de cuir. La maison va cependant s’essouffler, et cesser son activité mode en 2002. Elle renait de ses cendres en 2011, alors rachetée par…une agence de pub.

Coqueline Courrèges, la femme du fondateur de la maison, est restée active au studio, et c’est elle qui est à l’origine de la conception de la voiture baptisée Zooop. On est sur une voiture électrique, très fidèle aux couleurs et aux formes de la maison, en parfaite continuité de l’esprit d’avant garde qui constitue l’ADN de Courrèges.


Je ne cache pas que ma première réaction a été de sourire : mais qu’est ce que c’est que cette coquille en plastique ? Ca, une voiture ? On dirait presque qu’elle est en kit à monter soi-même… Sans parler du fait qu’elle semble ne respecter aucune norme de sécurité ! Mais finalement, ses performances éprouvées lors du Challenge Bibendum à Paris surprennent :

  • Moteur électrique de 200 chevaux et 150 Kw, avec une batterie au lithium-polymère de 370V, pour un poids de 100kg. Seulement 1,52€ pour 100km !

  • Poids total de 690 kg seulement pour cette voiture 3 places !

  • Vitesse de pointe ? 180 Km/h !! Le design aérodynamique de cette voiture y est pour quelque chose, mais c’est une performance non négligeable pour un véhicule électrique !

L’intérieur est plus que rudimentaire, façon vaisseau spatial plein de boutons des années 70 !

L’originalité du concept est très intéressante. Si le design n’est pas très attirant et que finalement cette voiture n’a rien de luxueuse, c’est clairement une voiture facile à utiliser et fiable : Coqueline Courrèges en a fait la démonstration aux équipes de Turbo, tous TRÈS surpris par le résultat. Le débat se situe autour du moteur électrique : même si ça fait moins rêver qu’une Ferrari, c’est tout de même très approprié pour une circulation en ville. On n’est à la fois dans le rêve de la Maison Courrèges et dans le pratique et l’utilitaire. Un moins pour le design et l’équipement, mais un gros plus pour l’audace, le caractère futuriste et le très bas coût d’utilisation de la Zooop !

Citroën & Dolce Gabbana

Une marque italienne qui nous a bousillé la vue depuis plusieurs saisons avec ses tenues de padre sicilien, et qui s’associe avec les français pour une voiture : cherchez l’erreur… Pour la petite précision, c’est bien sous le label D&G, la seconde ligne qui n’existe plus, et non Dolce & Gabbana, la première ligne, qu’a eu lieu la collaboration.


Prenez une C3, ajoutez-y plein de logos en strass : et voilà, vous avez votre C3 D&G ! Pour la version de base, la seule particularité est en effet le logo de la marque italienne sur les cotés de la voiture, à l’arrière sur le coffre et enfin à l’intérieur sur le tableau de bord, sur le pommeau du levier de vitesse et sur les sièges. La sellerie, tout cuir, est assez sobre et plutôt adaptée à la gamme de la voiture. A souligner que cette version a été présentée entièrement incrustée de strass dans la boutique des Champs-Elysées, poussant le bling bling jusqu’à son paroxysme.

La version C3 Pluriel est un peu plus raffinée : les détails des logos sont toujours là, mais le fait que l’on soit en présence d’un cabriolet donne un peu plus d’allure à la voiture. En terme de prix, comptez de 15 à 18 900€ pour cette version Pluriel produite en plus grande quantité. Voilà pour les spécificités de cette série…

En fait, il s’agit d’un partenariat assez éphémère, sachant que la vente n’était possible qu’en Italie. Le teasing montrait un homme au volant de cette citadine et qui se faisait aguicher par des femmes plus sexys les unes que les autres, jusqu’à la fliquette à l’étroit dans son chemisier qui bien sur l’arrête. Bref, un positionnement qui échappe totalement au monde du luxe et qui fait plus office de « coup du pub » pour la marque italienne. Ce n’est pas une réussite, donc on ne regrettera pas le fait qu’elle soit réservée à notre voisin transalpin !

Giorgio Armani & Mercedes

C’est une collaboration qui date de 2005 entre le constructeur allemand et le couturier italien. Ce qui les réunit, ce n’est donc pas la nationalité mais un certain sens du haut de gamme. Sans être une révolution dans le monde de l’auto, le résultat reste très intéressant.

La base du travail entre les deux marques est une CLK 500 cabriolet, intégrée à la gamme Mercedes Designo, séries spéciales que les clients « exigeants » peuvent personnaliser à leur guise (matériaux…). On se positionne déjà sur un véhicule haut de gamme, mais on conserve malgré cela une certaine sobriété : la CLK est un modèle élégant sans être bling bling. Rien de particulier à l’extérieur, à l’exception d’une peinture sable mate, ombrée de vert, qui rappelle les couleurs du concept store de la gamme Armani Collezioni.
Sous le capot, un V8 de 306 chevaux nous fait passer de 0 à 100 km/h en 6,2 secondes. Le test a montré un châssis très abouti permettant une conduite très agile et dynamique, typiquement Mercedes.

Il faut regarder à l’intérieur pour mesurer tout l’impact de la griffe de Giorgio. Il a réussi l’alliage très difficile du neuf et de l’ancien, en proposant une sellerie en cuir et tissu innovant. Vous remarquerez donc le cuir marron et précieux des sièges beaucoup utilisé dans les années 40, sur lequel a été intégré un tissu technique « respirant » gris qui flirte avec l’argenté. Le tableau de bord et l’accoudoir central affichent le même cuir chocolat, dans lequel est martelé le nom de Giorgio Armani, juste au-dessus du levier de vitesse. Pour éviter toute réflexion du soleil à l’intérieur de l’habitacle, le seul élément chromé est le logo Mercedes sur le volant. L’impression qui se dégage de cet intérieur est emprunt de raffinement mais aussi de virilité : le « less-is-more » est la trame de cette collaboration, dans laquelle la création sert avant tout le confort.
Personnellement, l’association des deux marques me semble très réussie. Le design ne prend pas le dessus, il vient plutôt compléter à merveille ce cabriolet en ajoutant à la fiabilité de l’allemande une touche de luxe sobre et distinguée !

En terme de prix, comptez au minimum 86 884€ pour ce modèle.

Bref

En conclusion de cet article, un mot caractérise l’alliance de la mode et de l’automobile : la diversité !
Il y en a vraiment pour tous les goûts, avec tout de même des partenariats plus réussis que d’autres.
Versace a su trouver le modèle le plus représentatif de son style et de ses inspirations : un bolide puissant et racé, avec une identité forte, faisant appel à un sens du luxe, du détail et de la technique très élevé.
Giorgio Armani offre un cabriolet très solide et fiable, véritable écrin pour amateur de raffinement tout en sobriété.
Chanel pousse la conception et le futurisme à son maximum pour imaginer une voiture très couture aux lignes surnaturelles.
Courrèges, enfin, à travers la personnalité de Coqueline Courrèges, se place dans la position d’un vrai créateur, en offrant une vraie proposition de véhicule novateur, pratique mais surtout très efficace !
En revanche, Gucci choisit la facilité en relookant la Fiat 500 de façon un peu trop superficielle : on est dans un pur partenariat produit.
Enfin, D&G rate complètement la C3 que les deux créateurs personnalisent de façon superficielle et grossière.

Mais globalement, le fashion vroom reste intéressant, révèlant bien jusqu’où peut aller la créativité et l’audace d’une marque de luxe. Espérons que ces petites extrapolations ne s’arrêteront pas là !

Commentaires

  1. Bugatti

    Vous oubliez la sublime Bugatti Veyron Fbg by Hermès qui represente le luxe ultime.

    • Romain

      Effectivement, croyez bien que j’en suis plus que navré tant le modèle est exceptionnel ! Rien n’empêche de lui dédier un futur article rien qu’à elle…

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